JOHN A. SEAVERNS
DRESSAGE MÉTHODIQ.UE
DU
xlliVAL DE SELLE
D APRES LES DERNIERS ENSEIGNEMENTS
BAUGHER
RECUEILLIS PAR UN DE SES ÉLÈVES
'EC PORTRAIT
PARIS
R O T H se H I Lt> , É D 1 T E tf R
l3, RUE DES SAINTS -PÈRES, l3
1891
DRESSAGE MÉTHODIQUE
DU
CHEVAL DE SELLE
BAUCHEK MONTANT PARTISAN
DRESSAGE MÉTHODIQUE
DU
CHEVAL DE SELLE
D APRES LES DERNIERS ENSEIGNEMENTS
F. BAUCHER
RECUEILLIS PAR UN DE SES ELEVES
AVEC PORTRAIT ET VIGNETTES
PARIS
J. ROTHSCHILD. ÉDITEUR
l3, RUE DES SAINTS-PÈRES, l'i
189I
Droits de Traduction réservés.
Paris. — Typ. Georges Cliamerot. — 2u.'j83.
AVANT-PROPOS
ES dernières idées équestres de
F. Baiicher sont peu connues. Cet
illustre écuyer, après l'épouvan-
table accident qui lui avait brisé
les deux jambes, ne pouvait plus monter en
public. Il vivait retiré, et n'a plus fait, à partir
de 1861 , que fort peu de cours. Des rares élèves
qui les ont suivis, deux ou trois sont seuls en-
core vivants aujourd'hui.
D'un autre côté, Baucher, trop âgé pour re-
fondre en une seule ses œuvres diverses, modi-
fiées sans cesse par de nouvelles découvertes, n'a
plus été à même défaire connaître au public un
AVANT-PROPOS.
exposé con\plet et méthodique de ses derniers
procédés de dressage. Il préférait du reste poser
des principes généraux, contenus en quelques
mots, disant que c'était aux professeurs formés
directement à son école à montrer comment les
appliquer dans les mille cas particuliers que
fait naitre la pratique.
Les leçons détaillées de ce sarant maître, in-
comprises, ignorées ou travesties la plupart du
temps, menacent donc de disparaitre sans laisser
de traces.
C'est ce qui a décidé l'auteur de ce livre à
céder à diverses sollicitations et à publier un
travail qui, primitivement, n'était pas destiné à
voir le jour. Élève du grand Baucher, il a suivi
plusieurs de ses cours. Admis plus tard dans
son intimité, il a vu travailler et il a monté lui-
même les derniers chevaux dressés par cetécuyer
incomparable. Enfin, il l'a souvent entendu rai-
sonner les procédés de dressage auxquels son
esprit fertile s'était fixé vers la fin de sa vie
comme représentant à ses yeux la vérité équestre.
AVANT-PROPOS.
Disciple fervent, il avait consigné par écrit,
jour par jour, non seulement le détail des cours
suivis par lui, mais aussi les enseignements di-
vers de ses entretiens familiers avec son émi-
nent professeur.
Ce sont ces cahiers qui ont servi de base à la
rédaction du Dressage méthodique du cheval
de selle.
Le lecteur voudra bien se pénétrer de la diffi-
culté d'expliquer, par des mots, certains effets
qui sont plutôt du domaine de la pratique que
de celui de la théorie.
En outre, comme tous les chefs d'école, Bau-
cher avait adopté des expressions souvent dis-
cutables au point de vue scientifique ou gram-
matical, mais qu'il est indispensable de conserver
quand on expose ses théories, parce qu'elles
avaient pour lui un sens bien net et bien dé-
terminé, et qu'il serait d'ailleurs à peu près
impossible de les remplacer par d'autres plus
heureuses ou plus exactes.
Enfin, s'il est aisé d'épiloguer sur un traité
AVANT-PROPOS.
d'équitation ou de dressage toujours ingrat à
rédiger, on se rappellera que souvent la plus
petite démonstration à cheval rendrait clair à
rinstant ce qui parait obscur par écrit, malgré
de longues et minutieuses explications.
DÉFINITIONS
BUT DU DRESSAGE
PRINCIPES GÉNÉRAUX
DRESSAGE MÉTHODIQUE
DU
CHEVAL DE SELLE
DEFINITIONS
A volonté du cavalier se transmet
au cheval par le langage des aides.
Les aides donnent à l'animal
l'action et la position.
Action. — L^actioii est la force d'impulsion
nécessaire à l'obtention du mouvement cher-
ché. Elle provoque la détente des ressorts qui
supportent la masse.
Position. — hapositiojî est la répartition nor-
male du poids sur les quatre membres en
raison du mouvement demandé. Elle a pour
conséquence ou pour complément la disposi-
DRESSAGE MÉTHODIQUE.
tion des rayons articulaires appropriée à cette
répartition du poids.
Mouvement. — La position se combinant
avec Faction produit le mouvement, lequel n'est
que le résultat naturel de ces deux causes gé-
nératrices.
Le passage du mouvement à l'inaction s'ob-
tient aussi en partant de la position particulière
qui amène ou qui permet l'annulation de Fac-
tion.
Equilibre. — La facilité plus ou moins grande
avec laquelle le cavalier modifie la répartition
du poids sur les quatre membres pour donner
les différentes positions indique le degré dW/z/z-
libre du cheval, c'est-à-dire que plus le dépla-
cement du poids est facile dans tous les sens,
plus l'équilibre est parfait. En vertu de ce prin-
cipe on dit que le cheval est « en équilibre »
quand de simples indications suffisent au cava-
lier pour modifier à son gré la disposition du
pioids sur ses colonnes de soutien.
BUT DU DRESSAGE
E que le Cavalier doit chercher à obtenir.
— Quand on entreprend le dressage
d'un cheval, la première condition
pour réussir est de bien se rendre compte de
ce que Ton cherche à obtenir, c'est-à-dire des
qualités qu'on veut faire acquérir à son élève.
Ces qualités peuvent se résumer en peu de
mots, et il est à remarquer que ce sont toujours
les mêmes, quel que soit le genre de service
auquel une monture soit destinée.-
Tout cheval de selle doit en etfet être rendu
facile et agréable à monter, régulier dans ses
allures, docile, franc, et aussi brillant que le
comporte son ensemble.
Or, pour qu'il soit « facile et agréable à mon-
ter, régulier dans ses allures », il faut qu'il soit
DRESSAGE METHODIQUE.
bien équilibré, c'est-à-dire léger à la main et
aux jambes, droit d'épaules et de hanches, avec
la tète constamment fixe et placée, et qu'il con-
serve de lui-même son équilibre sans le secours
des aides. Pour qu'il soit « docile, franc )),il faut
que toute défense, toute résistance instinctive
ou volontaire ait disparu, ou puisse, dès qu'elle
reparaît, être aussitôt détruite.Enfin, pour qu'il
soit c( aussi brillant que le comporte son ensem-
ble », il faut qu'on puisse à volonté l'asseoir,
grandir ses mouvements, et relever ses allures.
On voit donc que dans le dressage il faut :
r — s'attacher sans cesse à obtenir la légèreté,
un ramener bien fixe, et 2° — une grande obéis-
sance aux jambes; 3° — s'efforcer de maintenir
le cheval constamment droit d'épaules et de
hanches, et 4° — l'habituer à se passer du se-
cours des aides. 5° — Il faut de plus lui rendre
le rassembler familier.
Nous allons étudier ci-après les moyens d'ob-
tenir ces différents résultats.
PRINCIPES GÉNÉRAUX
DE LA LEGERETE ET DU RAMENER
E que c'est que la Légèreté. — La re-
cherche, la conservation de la lé-
gèreté, doit être la préoccupation
constante du cavaher.
On entend par ces mots « légèreté à la main »,
la qualité du cheval qui obéit aux aicies sans
peser à la main, sans que celle-ci éprouve la
sensation d'un poids plus ou moins difficile à
déplacer ou d'une force qui résiste à son action.
La légèreté se reconnaît donc à Tabsence de
résistance aux effets du mors de bride ou de
filet; la simple demi-tension d'une ou de deux
rênes doit provoquer la mobilité moelleuse de
la mâchoire inférieure sans que la tête bouge,
DRESSAGE METHODIQUE.
sans que Touverture de la bouche soit sensible-
ment apparente; et la langue de l'animal doit
faire alors sauter l'un des mors sur Tautre, ce
qui produit par moments un bruit argentin;
ajoutons que cette mobilité moelleuse doit per-
sister pendant un certain temps et non cesser
brusquement.
Telles sont les conditions dont l'ensemble
constitue la vraie légèreté. Elle est pour le ca-
valier rindice révélateur et infaillible de Téqui-
libre parfait de son cheval tant qu'elle subsiste
sans altération.
La conséquence de la décontraction complète
de la mâchoire est le ramener, qui s'obtient
alors pour ainsi dire de lui-même, la tète pre-
nant à la plus légère indication des rênes une
position voisine de la perpendiculaire, sans
que l'encolure doive perdre pour cela son sou-
tien ou sa fixité.
Toutes les fois qu'à pied ou à cheval, le cava-
lier veut demander quoi que ce soit à l'animal
qu'il dresse, il doit commencer parle rendre lé-
ger, c'est-à-dire par chercher la mobilité moel-
leuse de la mâchoire.
PRINCIPES GENERAUX.
En effet, le cheval ne peut contracter une de
ses parties pour opposer une résistance quel-
conque aux exigences de Thomme, sans con-
tracter en même temps sa mâchoire.
En obtenant la légèreté, on fait donc dispa-
raître ipso facto les résistances existantes, et ce
résultat favorable subsiste tant que persiste la
légèreté.
De même, pendant qu'un mouvement s'exé-
cute ou qu'une allure se continue, il faut fré-
quemment veillera ce que le cheval reste léger.
Comment se demande la Légèreté. — Que Ton
soit à pied ou sur Tanimal qu'on travaille, il y
a deux cas à examiner quand on demande la
légèreté.
1° — Supposons d'abord le cheval arrêté,
calme et parfaitement immobile.
Le cavalier sent la bouche en donnant gra-
duellement une demi-tension aux rênes ou à
l'une d'elles, afin de voir si la mâchoire est
liante et mobile.
S'il obtient ainsi la légèreté, mais la légèreté
telle que nous l'avons définie plus haut, il doit
DRESSAGE METHODIQUE.
s'empresser de rendre : Tanimal est en équi-
libre ; il est prêt à recevoir Faction et la position
pour tout mouvement qui pourra lui être de-
mandé.
Si la main ne rencontre pas la légèreté aussi-
tôt la demi-tension des rênes, elle continue cette
demi- tension en en augmentant unpeu l'intensité.
Cette « force lente » suffit généralement pour
faire céder, surtout s'il n'y a qu'un peu de pa-
resse et d'inattention chez le cheval.
On peut donc dire que cet effet simple et doux
constitue le moyen ordinaire d'obtenir la légè-
reté. C'est à lui qu'il faut sans cesse avoir recours
pendant toute la durée du dressage.
Mais il arrive parfois que, malgré une attente
assez longue et la persistance de la sollicitation
du cavalier, la décontraction de la mâchoire ne
se produit pas.
C'est qu'il existe alors des résistances assez
sérieuses pour qu'il faille les vaincre par des
procédés plus efficaces.
Ces résistances sont de deux sortes :
Des Résistances de Poids. — Ou bien le cava-
lier, en cherchant la légèreté, a éprouvé dans
principp:s généraux.
la main la sensation d'un poids, d'une masse
inerte difficile à déplacer. C'est ce qu'on est
convenu d'appeler une « résistance de poids ».
Des Résistances de Forces. — Ou bien il a ren-
contré des forces provenant de contractions
musculaires de la mâchoire, et dirigées instinc-
tivement ou volontairement par l'animal contre
l'action du mors. Cette résistance active éveille
ridée d'une lutte engagée contre le cavalier. On
la nomme « résistance de forces ».
On combat les résistances de poids par le
demi-arrêt, et les résistances de forces par la
vibration.
Du Demi-Arrêt. — Pour donner le demi-arrét,
voici comment on opère si l'on est à cheval :
Sans cesser le contact de la bouche et sans se
rapprocher d'abord du corps du cavalier, la
mainsecontracteénergiquement,lepoingfermé,
en se contournant vivement, les doigts aussi en
dessus que possible. Puis elle augmente presque
instantanément son action sur le mors en se
portant sans saccade de bas en haut et d'avant
en arrière, et en proportionnant la puissance
de son effet à la résistance rencontrée.
DRESSAGE METHODIQUE.
Si Ton est à pied, on procède d'une manière
analogue, mais sans contourner le poignet.
Le demi-arrét se donne sur une rêne ou sur
les deux en même temps, de la bride ou du filet,
indistinctement, et ne doit jamais faire reculer.
De la Vibration. — La vibration est une suc-
cession de petites secousses, un frémissement
imprimé à l'un des mors, soit en agissant direc-
tement sur lui, à pied, soit en agitant, à cheval,
les deux mêmes rênes ou Tune d'elles.
Comme le demi-arrêt, la vibration se donne
indifféremment sur le filet ou sur la bride; elle
dure une ou plusieurs secondes et est forte ou
faible en raison de la résistance rencontrée. Mais
elle ne doit pas varier d'intensité pendant son
application. Elle ne doit pas non plus faire
reculer.
Si donc le cavalier a rencontré une résistance
de poids, il la combat par un ou plusieurs demi-
arrêts s'il est nécessaire; si c'est une résistance
de forces, il emploie la vibration répétée plu-
sieurs fois également, s'il le faut.
Puis, aussitôt c|u'il croit les résistances an-
nulées, il sent de nouveau la bouche de son che-
PRINCIPES GENERAUX. i3
val en donnant aux rênes dont il s'est servi
une demi-tension, qui, augmentée très légère-
ment pendant un certain temps, doit amener la
légèreté, si les résistances ont effectivement
disparu.
C'est la (( preuve » de l'opération.
Si l'emploi de cette force lente ne produit
pas la légèreté au bout de quelques secondes,
c'est que l'opération a été mal faite.
Il faut alors avoir recours encore aux demi-
arréts ou aux vibrations, selon le cas, mais en
s'efforçant de redoubler de délicatesse et de tact.
Si le cheval, tout en étant arrêté, s'inquiète,
se tracasse, il faut, avant de demander la légè-
reté, obtenir l'immobilité complète.
On y parvient en punissant tout mouvement
de l'animal par des demi-arrêts proportionnés,
comme force, à la faute commise.
Aussitôt chaque demi-arrêt donné, le cavalier ,
calme et sans colère, étudie ce qui se passe chez
le cheval.
Si celui-ci bondit, continue à se mobiliser,
paraît enfin ne faire aucune attention à la cor-
rection, le cavalier recommence à punir éner-
14 DRESSAGE METHODIQUE.
giquement, et plusieurs fois de suite s'il est né
cessaire.
Dès que le cheval, plus tranquille, semble
craindre le châtiment, les demi-arrêts devien-
nent beaucoup plus rares et moins forts. Mais
on les continue jusqu'à l'obtention de Timmo-
, bilité, accompagnée d'un calme parfait.
Alors le cavalier agit comme il est dit plus
haut pour demander la légèreté.
Si, par exception, les demi-arrêts étaient in-
suffisants pour inspirer à l'animal trop fougueux
une crainte salutaire, on lui mettrait le caveçon
qu'on utiliserait, à pied, par saccades de haut
en bas, en suivant les mêmes prescriptions que
pour l'application des demi-arrêts et en se fai-
sant momentanément remplacer à cheval par
un aide.
Quand une monture a été déjà « mise à l'épe-
ron », comme nous l'expliquerons plus loin, on
l'immobilise à volonté par un « etîet d'ensemble
sur les éperons ». Ce qui précède s'applique
donc surtout à un animal qu'on commence.
2" — Supposons maintenant le cheval en
action.
PRINCIPES GENERAUX. i3
Ainsi que nous Tavons dit, le cavalier doit
demander la légèreté à sa monture avant de lui
donner une position nouvelle, et de plus il doit
fréquemment s'assurer que la mâchoire reste
liante et mobile, pendant Texécution des mou-
vements ou la continuation des allures.
Il procède pour cela comme lorsque Tanimal
est arrêté.
Si la légèreté survient par la simple demi-
tension des rênes pratiquée comme en station,
le rriouvement se continuant avec la régularité
du pendule, il faut s'empresser de rendre.
Ce qu'il faut entendre par « Décomposer la Force
et le Mouvement ». — Mais si cette action, loin
d'amener la mobilité moelleuse de la mâchoire,
altère l'allure ou le mouvement, ou bien révèle
Texistence de résistances sérieuses, il faut ar-
rêter, immobiliser Tanimal et chercher alors la
légèreté de pied ferme comme cela a été expliqué.
Le cavalier laisse son cheval dans Tinaction
plusieurs minutes s'il le faut, jusqu'à ce que
l'équilibre soit bien rétabli, jusqu'à ce que le
mouvement précédent « ne résonne plus » dans
l'organisme de l'animal.
Quand ce résultat est obtenu, quand le calme
i6 DRESSAGE METHODIQUE.
est entièrement revenu, c'est le moment de re-
donner Faction et la position qui doivent pro-
duire de nouveau le mouvement précédemment
cherché ou Tallure interrompue.
C'est ce qu'on appelle « décomposer la force
et le mouvement ».
Si, une fois en action, Téquilibre se perd de
nouveau, on décompose encore et on recom-
mence tant qu'il est nécessaire.
Avec des chevaux jeunes ou peu avancés en
dressage, il faut à chaque instant arrêter pour
rétablir de pied ferme l'équilibre, redonner la
légèreté, et faire renaître le calme et la con-
fiance. On leur épargne, par ces moments de
repos complet, toute espèce de fatigue inutile.
Avec des animaux dont les allures sont dé-
traquées, cette recommandation est encore plus
importante. En effet, le point essentiel pour la
bonne exécution d'une allure, c'est qu'elle soit
toujours parfaitement régulière, que chaque
temps soit exactement semblable à son voisin
en vitesse et en cadence.
Si la moindre irrégularité survient, il faut ar-
rêter et décontracter complètement avant de
repartir.
PRINCIPES GÉNÉRAUX. 17
On doit surtout apporter une grande atten-
tion à la naissance de Tallure pour qu'elle soit
aussitôt bien franche, bien juste et bien réglée.
Si le départ n'est pas parfait, on arrête court
et on décompose.
On recommence aussi souvent qu'il est né-
cessaire.
Il faut se contenter dans le principe de quel-
ques foulées parfaitement exécutées.
Mais quand le dressage est d^jà avancé, on
doit commencer à vaincre les résistances en
marchant, surtout si elles ne sont pas trop sé-
rieuses.
On emploie alors sans arrêter les mêmes ef-
fets que de pied ferme, en redoublant de tact et
de finesse.
Il faut, comme nous Tavons dit, que ces dif-
férentes actions de la main ne prennent en rien
sur la force d'impulsion ; c'est-à-dire qu'elles ne
doivent amener ni un arrêt, ni un ralentissement,
ni une altération quelconque dans le mouve-
ment, la direction ou l'allure.
iS DRESSAGE METHODIQUE.
II. — dp: l'obéissance aux jambes
ET DE « l'effet d'eNSEMBLE SUR l'ÉPERON ».
E même que le cheval doit être léger
à la main, de même il doit être « léger
aux jambes ».
Voici ce qu'il faut entendre par là.
Comment le Cheval doit répondre aux Jambes.
— L'animal étant arrêté, si la main ne marque
pas d'opposition, la pression simultanée et égale
des jambes du cavalier doit produire instanta-
nément la marche en avant : progression lente,
calme, si leur action a été faible; progression
rapide, énergique, furieuse même, si leur etiet
a été fort à proportion.
Lorsque le cheval est en mouvement, le con-
tact des mollets doit de même amener une
accélération d'allure proportionnée à leur
pression.
De pied ferme ou en marche, l'approche
d'une seule jambe du cavalier doit faire fuir la
croupe du côté opposé; doucement, si son ac-
PRINCIPES GENERAUX.
ï9
tion est très légère; vivement, si elle est plus
marquée. Mais la pression d'une jambe em-
ployée isolément devant avoir aussi pour ré-
sultat de produire ou d'accélérer la marche en
avant, il est essentiel, au moins dans le prin-
cipe, que la main faisant barrière, reçoive cette
impulsion pour la gouverner, sans quoi la
jambe serait obligée d'employer une très grande
force pour obtenir un etfet presque toujours
incomplet.
Quand on approche les deux mollets, si leur
simple contact ne donne pas immédiatement
ou ne rétablit pas sur-le-champ Faction désirée,
on fait toucher aussitôt les deux éperons à la
fois, sans opposition de main.
On répète ces petites attaques tant que le
résultat cherché n'est pas obtenu.
De même, si, à l'approche d'une seule jambe,
la cession de la croupe n'est pas immédiate,
le pincer de l'éperon du même côté vient aus-
sitôt punir le cheval de sa paresse et le forcer à
obéir.
On arrive par ce moyen à donner à l'animal
une grande finesse aux jambes, à le rendre
DRESSAGE METHODIQUE.
« léger aux jambes », et bientôt le simple con-
tact du pantalon ou de la botte suffit pour ob-
tenir ou augmenter l'impulsion, ou, si Ton n'agit
que sur un seul flanc, pour déplacer la croupe.
Il faut cependant redoubler de tact dans l'em-
ploi des petites attaques, et n'en faire usage
qu'avec discrétion, afin de ne pas provoquer de
fouaillements de queue.
Ce que c'est qu'un Cheval <( mis à l'Eperon ». —
Mais avant d'employer ainsi l'éperon, le cheval
a dû être amené par le dressage, et cela dès les
premières leçons, à le supporter et à y ré-
pondre ainsi qu'il suit :
Si, de pied ferme, on appuie progressive-
ment les jambes et ensuite les éperons, jusqu'à
une force assez grande, et que la main vienne
aussitôt faire opposition, Tanimal doit demeu-
rer complètement immobile et conserver sa
légèreté inaltérée.
Si, les éperons restant au poil, on augmente
la force de leur contact en rendant la main, le
cheval doit se porter en avant franchement au
pas et rester léger.
>^ Si l'on est au pas, l'appui gradué des éperons
PRINCIPES GENERAUX.
ne doit altérer ni Tallure ni la légèreté quand
la main fait opposition.
Si l'appui augmente, celle-ci rendant, l'ani-
mal doit prendre le trot sans brusquerie.
Enfin, en suivant les mêmes principes, il doit
partir franchement sur l'éperon, du trot, du pas
ou même de l'arrêt, au grand trot.
Alors le cheval « connaît Téperon », c'est-à-
dire que le contact de cette aide ne l'affole plus
et lui cause au contraire un certain étonnement
qui le calme et permet d'obtenir une impulsion
tranquille au besoin ou plus puissante s'il est
nécessaire.
Il est prêt à recevoir les petites attaques,
sans opposition de main, lesquelles, dès lors,
redonnent toujours à ses forces la direction d'ar-
rière en avant, et détruisent ainsi tout com-
mencement d'acculement.
Enfin, à partir de ce moment, il devient pos-
sible au cavalier d'enfermer, d'emprisonner
son élève quand il est nécessaire, entre le mors
et les éperons, de façon à étouffer dans son
germe toute tentative de défense : en rappro-
chant du corps la main de bride et en fer-
DRESSAGE METHODIQUE.
mant les jambes rapidement et progressive-
ment jusqu'à un appui franc, continu et éner-
gique des deux éperons, on produit ce qu'on
appelle « l'effet d'ensemble sur Téperon ».
Cet effet amène ou confirme la décontraction
de la mâchoire, détruit tout principe de résis-
tance, immobilise l'animal, à la volonté du ca-
valier, ou — si ce dernier fait prédominer
l'action de l'éperon en mollissant l'opposition
de la main sans laisser échapper la tète — oblige
le cheval à conserver l'allure à laquelle il mar-
chait quand une velléité de révolte s'est mani-
festée.
On est ainsi absolwnent maître d'empêcher
toute défense, et de conduire son cheval oîi on
le veut et à l'allure qu'on désire, quel que soit
son mauvais vouloir ou l'objet qui l'effraie.
L'animal s'aperçoit vite qu'il lui est impos-
sible de résister. Le sentiment de son impuis-
sance l'amène à renoncer à la lutte. Son moral
est dompté et il se résigne à obéir.
C'est ainsi que se guérit sûrement et radica-
lement la rétivité la plus dangereuse et la plus
invétérée.
PRINCIPES GENERAUX.
III. DU CHEVAL DROIT.
0 M ME NT on fait refluer vers l'une ou
l'autre des Epaules le Poids de l'Enco-
lure. ■ — ■ Quand le cheval est léger et
ramené, la demi-tension de la rêne droite dans
la direction de la hanche gauche, et un peu de
bas en haut, doit amener, sans que la légèreté en
soit altérée, le bout du nez à droite et rejeter un
peu vers la gauche, en Télevant, l'encolure arron-
die en arc par suite de Tinclinaison de la tête.
L'épaule droite est ainsi allégée; Tenlever de
cette partie est préparé; en revanche, le poids
de l'encolure étant reporté vers la gauche,
Favant-main a une tendance à « tomber » à
gauche, c'est-à-dire à se déplacer dans ce sens,
et la croupe à s'infléchir vers la droite. Le
cheval est alors légèrement ployé en cercle, le
bout du nez et les hanches à droite.
La demi-tension de la rêne gauche doit pro-
duire Teffet inverse ti parfaitement symétrique .
Il faut s'attacher beaucoup à ce c[u'il en soit
ainsi, et répéter souvent ces appuis de rênes
24 DRESSAGE METHODIQUE.
de pied ferme et à toutes les allures pour ren-
dre également faciles à droite et à gauche ces
« inclinaisons » qui trouvent fréquemment leur
application dans le dressage.
Une des plus grandes difficultés équestres est
d'obtenir et de conserver sans cesse le cheval
bien droit d'épaules et de hanches.
Cette condition est cependant essentielle pour
que l'animal soit en équilibre.
Or, presque tous les chevaux sont plus ou
moins ployés d'un côté, soit par une prédispo-
sition naturelle, soit par suite de mauvaises
habitudes prises dès qu'on commence à les
monter.
Ce pli a pour conséquence de rejeter le poids
sur une épaule et de faire avancer en arc-boutant
la hanche opposée.
L'animal se trouve ainsi tout disposé physi-
quement pour se défendre, ou tout au moins
pour résister à certains effets du cavalier, et il
importe de le corriger au plus tôt de cette atti-
tude vicieuse.
Manière de redresser un Cheval. — Le moyen
le plus simple et le plus pratique pour y arriver
PRINCIPES GENERAUX.
consiste à enseigner au cheval à prendre faci-
lement, à la volonté du cavalier, le pli inverse.
C'est donc en rendant les deux « inclinaisons »
également faciles à droite et à gauche, qu'on
parvient à redresser un animal qui a une ten-
dance à se ployer de lui-même d'un côté.
Mais ces inclinaisons doivent s'obtenir par la
main seule, le cheval étant léger et ayant la tête
placée.
Il faut tâcher de ne pas s'aider des jambes,
de ne pas employer, par exemple, l'effet dia-
gonal qui agit sur Tarrière-main et la déplace,
attendu que souvent celle-ci revient à sa posi-
tion première, dès que cesse l'action de la jambe
opposée, ce qui constitue alors un travail sans
issue.
On ne doit pas ici, en résumé, mobiliser la
croupe autour de l'avant-main. C'est la transla-
tion du poids d'une épaule vers l'autre, produite
au moyen de la rêne d'appui, qui a pour consé-
quence de ployer légèrement le cheval en sens
inverse de son inclinaison première.
Il paraît alors à la vérité avoir les hanches,
comme le bout du nez, rejetées du côté opposé,
tandis que ce sont ses épaules seules qui, en
4
26 DRESSAGE METHODIQUE.
cédant à Taction de la main, se sont doucement
inclinées dans le sens où a été amené à « tom-
ber » le poids de Tencolure.
Il va sans dire que ce moyen donné pour lut-
ter contre la tendance particulière d'un cheval
à prendre un pli vicieux, ne dispense en rien
de l'attention constante que doit avoir le cava-
lier de placer et de maintenir son élève, malgré
les exigences du dressage, bien droit d'épaules
et de hanches, à toutes les allures, en station,
ou pendant le reculer.
IV. — DES « DESCENTES DE MAIN ET DE JAMBES ».
i; cheval, de pied ferme ou en marche,
doit conserver de lui-même la posi-
tion que lui a donnée le cavalier,
tant que ce dernier ne la modifie pas.
Quand il est en mouvement, son impulsion
doit également se continuer sans altération jus-
qu'à ce que le cavalier en augmente, en diminue,
ou en annule, à sa volonté, l'intensité.
Amener l'Animal le plus vite possible à se passer
PRINCIPES GENERAUX.
27
du Secours des Aides. — Aussi, une des préoccu-
pations de chaque instant dans le dressage, doit-
elle être d'amener Tanimal à se passer du se-
cours des aides, main, jambes, cravache, appels
de langue, etc., et de le laisser libre le plus pos-
sible, tant qu'il conserve son équilibre, c'est-
à-dire tant que la légèreté ne s'altère pas, que
la tête reste fixe, l'encolure soutenue, et que
l'allure se continue sans altération ni ralentis-
sement.
Il faut donc essayer, dès que faire se peut, et
à tout moment, des « descentes de main et de
jambes ».
On les fait courtes et incomplètes d'abord;
dès que l'encolure s'abaisse, que la tête perd sa
fixité ou que l'équilibre se dérange d'une façon
quelconque, il faut s'empresser de se servir des
rênes ou des jambes, pour s'opposer à tout dé-
placement de tête ou d'encolure et à toute alté-
ration dans la vitesse ou la régularité du mou-
vement.
Mais on arrive rapidement à avoir des des-
centes de main et de jambes entières et longues,
et c'est ainsi que le cheval apprend de bonne
heure à se soutenir de lui-même.
28 DRESSAGE METHODIQUE.
V. — DU RASSEMBLER.
K rassembler consiste à provoquer,
sans avancer d'une façon sensible,
le fonctionnement, la mise en jeu des
ressorts de l'organisme, à obtenir en un mot
(( Faction » sur place, ou, si l'on est en marche,
à Taugmenter, sans produire un accroissement
de vitesse appréciable.
Il a pour conséquence l'engagement des mem-
bres postérieurs sous la masse, et l'élévation
des mouvements.
Ce que donne le Rassembler. — C'est donc le
rassembler qui permet d'asseoir le cheval, de
diminuer sa base de sustentation, et de donner
de la hauteur aux différentes allures.
Le rassembler complet n'est possible qu'en
place. Il prend le nom de Piaffer quand il se
fait avec rythme, mesure et cadence.
Il n'est pas indispensable d'arriver jusqu'au
piaffer. Mais un cheval n'est pas vraiment
dressé, si le cavalier n'a pas la facilité de le ras-
PRINCIPES GENERAUX. 29
sembler à son gré pour l'asseoir aux diverses
allures, et le rendre ainsi plus agréable, plus
sûr et plus brillant.
Comment se demande le Rassembler. — 11 faut
toujours que Tanimal soit léger et ramené avant
de chercher à le rassembler. Il est bon, pour
mieux se faire comprendre, de commencer cette
instruction à pied au moyen de la cravache, et
plus tard, de revenir souvent à ce procédé élé-
mentaire qui n'est cependant pas une condition
sine qua non de réussite.
Mais, que ce soit à pied ou à cheval, on doit
se contenter d'abord de peu.
Comme dans ces exercices l'animal a une
tendance à revenir sur lui, à s'acculer plus ou
moins, il est indispensable de le reporter moel-
leusement en avant par les jambes, ou, si c'est
nécessaire, par un appui gradué et progressif
des éperons, et, plus tard, par une petite attaque,
chaque fois qu'on a demandé le rassembler sur
place, et avant qu'il se soit immobilisé de lui-
même.
La main qui s'était fixée doucement pendant
que les aides inférieures demandaient la mo-
DRESSAGE METHODIQUE.
bilité des extrémités, rend insensiblement au
moment où les jambes augmentent leur pres-
sion, puis elle reçoit bientôt le surcroît d'im-
pulsion ainsi obtenu, et s'en empare habilement
pour confirmer la légèreté plus ou moins com-
promise.
On arrête alors et on achève de rétablir le
calme et Téquilibre avant de recommencer.
Il faut exercer également le cheval à se ras-
sembler aux différentes allures.
Pour cela, les jambes du cavalier actionnent
progressivement Tanimal; la main l'empêche
d'augmenter sa vitesse, et le surcroît d'action
ainsi obtenu amène l'engagement des membres
postérieurs sous la masse, et une plus grande
élévation dans les mouvements.
Il y a lieu de bien faire la difterence entre le
rassembler et l'effet d'ensemble.
A quoi sert l'Effet d'ensemble. — L'effet d'en-
semble a pour but d'immobiliser l'animal, ou
de le forcer à conserver l'allure et la direction
voulues.
Aussi, pour arriver à ce résultat, la main, les
jambes et, au besoin, l'éperon doivent-ils tou-
PRINCIPES GENERAUX.
jours agir apec une progression continue et gra-
duée, jusqu'à Tobtention de l'effet cherché.
Dans le rassembler, comme c'est au con-
traire la mobilité des extrémités, ou une plus
grande détente des ressorts, que Ton s'efforce
de produire et d'entretenir, les jambes et, s'il
est nécessaire, les éperons doivent se faire ?.Qn-
ÛT par des pressions successives, répétées, alter-
nées même, mais non continues.
En résumé, l'effet d'ensemble calme, éteint
ou règle; le rassembler anime, réveille, surex-
cite l'activité, donne la vie et le brillant.
PROGRESSION
DU DRESSAGE
I PARTIE : PREPARER.
2® PRÉPARER (suite).
3" ASSEMBLER.
4" FIXER.
PROGRESSION
DU DRESSAGE
En dressage on veut toujours aller trop vite.
Pour arriver promptement, ne pas se presser, mais
assurer solidement chacun de ses pas.
Demander souvent; se contenter de peu; récom-
penser beaucoup.
La leçon doit être, pour le cheval comme pour le
cavalier, un exercice salutaire, un jeu instructif qui
n'amène jamais la fatigue.
Dès que la sueur apparaît, c'est que l'homme a
dépasse la mesure.
PREMIERE PARTIE
PRÉPARER
CHAPITRE PREMIER
FLEXIONS. — TRAVAIL A LA CRAVACHE.
EMPLOI DE LA CHAMBRIÈRE
F- cheval est bridé, mais sans selle.
Il a le caveçon dont un aide porte
la longe et la maintient demi-
tendue. Mais on l'en débarrasse
3G DRESSAGE METHODIQUE.
des qu'il est possible. Il y a même beaucoup de
chevaux avec lesquels on peut entièrement s'en
passer.
Pendant le travail àpied.ôter de temps à autre
la gourmette pour avoir plus de mobilité de mâ-
choire, et répéter ainsi les différents mouvements.
Des trois manières d'agir avec le Filet ou la
Bride. - — ^ Il y a trois manières d'agir avec les
rênes de filet ou de bride.
La première est celle que tout le monde em-
ploie pour donner la direction.
La deuxième c'est le demi-arrêt. C'est avec
cette action qu'on lutte contre \q poids.
Si, en sentant la bouche du cheval, ce qui
se fait en agissant sur la commissure des lèvres
quand on se sert du filet pour demander la lé-
gèreté, on rencontre la force d'inertie, cette
force brutale qui fait que le poids s'oppose à ce
que l'animal cède en relevant son encolure et
en mâchant moelleusement son mors, alors on
donne un demi-arrêt, c'est-à-dire qu'on passe
rapidement et progressivement, sans cesser de
rester en contact avec la bouche, à une force
beaucoup plus grande. Puis on rend; on re-
prp:parer. 37
prend ; on donne un deuxième demi-arrét, puis
un troisième, etc., s'il est nécessaire.
La troisième, c'est la vibration, petit frémis-
sement produit en agitant prestement les deux
mains.
Cette action combat les forces qu'oppose
le cheval quand on sent sa bouche, et qu'au lieu
d'abandonner sa mâchoire il la contracte vo-
lontairement pour résister. On rend, puis on
recommence s'il y a lieu.
Il ne faut chercher à donner la direction que
lorsque l'animal est léger, c'est-à-dire en équi-
libre, et qu'on n'a plus dès lors à lutter contre
le poids ni contre les forces.
Élever l'Encolure le plus possible. — Le cava-
lier, tenant la cravache la pointe basse, se place
devant le cheval et le regarde. Il prend dans
chaque main une rêne de filet près du mors et
élève le plus possible la tète et l'encolure en
donnant à ses bras toute leur extension.
Il cherche ainsi quelque apparence de légè-
reté. Après une minute de repos, pendant la-
quelle il empêche l'encolure de s'abaisser, il
recommence le même effet avec la bride.
38 DRESSAGE MÉTHODIQUE.
Dès qu'on a obtenu de la légèreté, laisser ra-
nimai libre. Qu'il reste le plus possible aban-
donné à lui-même^ soit arrêté, soit en marche,
soit au reculer. Il faut que la tête apprenne de
bonne heure à se soutenir et à garder sa po-
sition.
Mais, dès qu'elle se déplace, reprendre le
cheval.
Marche en avant sur la Cravache. — Prenant
ensuite les deux rênes de la bride près du mors
avec la main gauche, le cavalier tient de Tautre
sa cravache horizontalement, de manière à s'en
servir par son milieu sans faire sentir le fouet.
Il en touche légèrement le poitrail par de petits
coups répétés à une seconde d'intervalle, jus-
qu'à ce qu'il ait obtenu un pas en avant.
Si le cheval se défend, s'il cherche à frapper
du devant, on le punit par le caveçon.
S'il recule seulement, ou se jette de côté, on
se borne à continuer les légers attouchements
de la cravache sans cesser la tension énergique
des rênes.
On doit se contenter d'un pas obtenu bien
droit, avec l'encolure soutenue.
PREPARER. 39
On caresse sur le front, et on laisse une ou
deux minutes l'animal au repos avant de re-
commencer. On demande ensuite deux pas,
puis trois, etc. Chaque fois que le cheval se tra-
verse le moins du monde, arrêter. Le replacer
parfaitement droit, parles épaules principale-
n\ent, puis marcher de nouveau. Continuer
jusqu'à ce qu'à Vapproche seule de la cravache
l'animal se porte franchement en avant.
Puis on passe au reculer.
Reculer. — Le cavalier, les poignets hauts,
faisant face à l'animal, le place d'abord parfai-
tement droit d'épaules et de hanches, et de-
mande un peu de légèreté.
Alors, ayant une rêne de filet dans chaque
main, il élève encore les bras en agissant sur la
commissure des lèvres et de bas en haut, de
manière à amener le reculer par le reflux du
poids sur l'arrière-main.
« Forcer le Mouvement ». — Si, à l'indication
douce des rênes, la marche rétrograde ne se
produit pas, il faut « forcer le mouvement »,
c'est-à-dire que le cavalier doit augmenter ^ro-
gressivement l'etîet du mors, doit le faire sentir
40 DRESSAGE METHODIQUE.
avec une intensité qui grandisse insensiblement
mais énergiquement, jusqu'à ce que le mou-
vement en arrière, le reculer, ait été obtenu.
Le tact consiste à cesser Teifet en question à
rinstant précis où, la résistance cédant, l'animal
porte ses extrémités d'avant en arrière, ne fût-
ce que de quelques centimètres.
On recommence à « forcer le mouvement »,
tant que l'indication des rênes ne suffit pas
encore pour l'obtenir; mais on diminue de plus
en plus la force de l'effet nécessaire jusqu'à ce
que toute trace de résistance ait disparu.
Le cheval ne doit reculer qu'un pas, mais
parfaitement droit; c'est ce à quoi l'on doit le
plus s'attacher. Si la croupe se porte d'un côté ou
ci'un autre, on redresse aussitôt par les épaules
qu'on mobilise vers la droite ou vers la gauche,
selon le cas, pour faire opposition aux hanches.
On fait ensuite exécuter le même travail en
se se'rvant des rênes de bride de la même ma-
nière que de celles du filet.
Des Flexions. — Puis on passe aux flexions.
On en distingue deux sortes :
i" — La flexion directe de mâchoire, c]ui se
PREPARER.
4'
fait en ai^issant à la fois sur les deux rênes du
iilet ou sur les deux de la bride.
2° — La flexion semi-latérale de mâchoire
et d'encolure, qui se demande sur chaque rêne
séparément.
Avant de les chercher directement, comme
nous le verrons tout à Theure, on en fait faire
au cheval cinq autres qui ne sont que prépara-
toires. On ne doit plus s'en servir plus tard;
mais comme elles s'obtiennent facilement dès
le principe, le cheval comprend plus vite par
ce moyen ce qu'on exige de lui ; elles habituent
en outre le cavalier au maniement des rênes.
Le but de toute flexion est d'obtenir la légè-
reté, telle qu'elle a été définie plus haut.
Flexions préparatoires. — ^ A. — Avec les deux
rênes de bride. — Pour la première flexion pré-
paratoire, le cavalier se place d'abord à gauche
et à hauteur de l'extrémité antérieure de l'enco-
lure. Il tient la rêne droite de bride dans la main
droite, à seize centimètres du mors, et la rêne
gauche à dix centimètres seulement. Puis il élève
la tête de l'animal le plus possible, et rapproche
légèrement et progressivement la main droite
6
42 DRESSAGE METHODIQUE.
de son corps, en éloignant la gauche. Si cet effet,
continué pendant plusieurs secondes, n'amène
pas la légèreté, il emploie le demi-arrêt ou la
vibration selon le cas, mais en les appliquant
sur la rêne gauche. Dès que la mâchoire se mo-
bilise moelleusement, il rend.
Puis le cavalier se place à droite du cheval et
redemande la même flexion par les moyens in-
verses, en agissant sur la barre gauche.
B. — Ai^ec les deux rênes de filet. — ■ On
passe ensuite à la deuxième.
Le cavalier revient du côté montoir, et après
avoir élevé Tencolure, croise les rênes de filet
sous la barbe, de manière à tenir, à seize centi-
mètres du mors, la rêne gauche dans la main
droite, et la rêne droite dans la main gauche.
Il demande la légèreté en marquant une trac-
tion égale et progressive sur les deux rênes à la
fois, et rend dès qu'elle se manifeste.
C. — A vec une rêne de filet et celle de bride du
même côté. — La troisième flexion préparatoire
se fait en se plaçant d'abord à gauche, et en pre-
nant la rêne de filet de ce coté dans la main
gauche, et la rêne gauche de bride dans la main
droite.
PREPARER. 43
On élève la tête et Tencolure, puis on provo-
que Técartement des mâchoires, en portant le
poignet gauche en avant du cheval, et le droit
vers Tépaule du côté montoir.
S'il faut vaincre des résistances, on donne les
demi-arrêts ou les vibrations sur le filet seul.
Dès que la mâchoire se mobilise, on rend.
On répète cette flexion en se plaçant à droite
de ranimai, et en la demandant avec les autres
rênes.
D. — A vec les deux rênes du filet, pour obtenir
un huitième de flexion d'encolure. — Pour la
quatrième, on se place près de Tépaule gauche.
On saisit de la main droite la rêne de filet du
côté hors montoir, et on la tend en Tappuyant
sur la base de l'encolure. L'autre rêne du filet
est tenue avec la main gauche à trente centi-
mètres du mors, et sert d'abord à élever, comme
toujours, le plus possible la tête de l'animal.
Dès que la légèreté arrive et que la tète s'in-
cline un peu â droite en produisant ainsi un
huitième de flexion d'encolure, le cavalier s'em-
presse de rendre.
Lorsqu'il y a lieu, les demi-arrêts ou vibra-
tions se donnent ici sur la rêne gauche.
44 DRESSAGE METHODIQUE.
On répète la flexion en se plaçant à droite, et
en la demandant d'une manière analogue pour
faire céder la mâchoire et l'encolure vers la
gauche.
E. — Ai>ec les deux rênes de la brider, l'une
d'elles étant passée par-dessus l'encolure. —
Enfin, la cinquième s'obtient en se plaçant à
gauche, et en tenant les rênes de bride comme
celles du filet dans la quatrième flexion prépa-
ratoire.
Après avoir élevé Tencolure le plus possible,
on marque une égale demi-tension sur les deux
rênes, de manière à obtenir la légèreté en agis-
santainsi sur les deux branches du mors à lafois.
Dans toutes ces flexions préparatoires, il faut
s'attacher à ce que la tète reste haute, l'encolure
bien soutenue.
On s'oppose aux résistances instinctives du
cheval par des demi-arrèts. C'est ainsi qu'on
évite la lutte.
Dès que la tète se baisse ou se contourne,
demi-arrèts, jusqu'à ce que l'animal la laisse
immobile où le cavalier la lui place.
Remarquons qu'il est inutile dans les flexions
PREPARER. 45
que le cheval ouvre la bouche. Il suffit qu'il fasse
sauter son mors et qu'il mobilise moelleuscment
la mâchoire inférieure.
Il est même préférable que Técartement en
soit peu apparent. Mais il faut que la tète ne se
déplace pas après la flexion.
Quand Tanimal exécute facilement ces cinq
flexions préparatoires, on passe aux deux dont
nous avons parlé plus haut et qu'on demande
seules par la suite.
Flexion directe de Mâchoire. — 1° — Pour la
flexion directe de mâchoire, le cavalier se place
devant le cheval, tenant une rêne de filet dans
chaque main, et commence par élever Tenco-
lure et la tète le plus possible, en se servant du
demi-arrêt s'il est nécessaire; puis il demande
la légèreté par une demi-tension égale et con-
tinue des rênes de bas en haut et d'avant en ar-
rière, de manière que le mors n'agisse que sur
la commissure des lèvres.
Si, au bout de plusieurs secondes, cette force
lente n'amène pas la légèreté, le cavalier em-
ploie le demi-arrêt ou la vibration, selon le cas.
Puis il sent encore la bouche.
45 DRESSAGE METHODIQUE.
Si ce nouveau contact moelleux n'amène pas
la légèreté, il recommence les mêmes effets jus-
qu'à ce qu'il Tait obtenue.
Cette même flexion se répète ensuite avec les
rênes de la bride.
Flexions semi-latérales de Mâchoire et d'Enco-
lure. — Puis : 2° — on passe aux flexions semi-
latérales de mâchoire et d'encolure.
On demande d'abord la légèreté sur le filet
comme dans le cas précédent. Alors on agit
sur Tune des deux rênes, de manière à obtenir,
par une pression sur un côté de la commissure
des lèvres, une cession latérale de la tête qui
produise un commencement de flexion d'enco-
lure; enfin on complète, on parfait la légèreté
par cette même rêne, et quand ce résultat est
obtenu, la flexion est faite.
On la répète sur l'autre rêne du filet, puis,
d'après les mêmes principes, sur chaque rêne
de bride.
On a soin, entre ces différentes flexions, de
laisser le cheval au repos, en quittant complè-
tement les rênes pendant une ou deux minutes,
chaque fois qu'il est bien léger. On l'habitue
ainsi à se soutenir de lui-même. On le punit
PREPARER.
47
par des demi-arrêts quand il déplace sa tête ou
abaisse son encolure.
On fait faire ensuite les deux mêmes flexions
en prenant les anneaux du filet, puis les bran-
ches du mors de bride.
Revenir à la Marche en Avant et au Reculer. —
Lorsque Tanimal les a bien comprises, il faut
revenir à la marche en avant et au reculer,
pour perfectionner ces deux exercices.
A partir de ce moment, on exige, avant de
rien essayer, la légèreté complète.
On veille à ce qu'elle demeure inaltérée pen-
dant la marche ou le reculer, le cheval restant
parfaitement droit et ne se mouvant qu'avec
calme et lenteur. On le laisse libre le plus pos-
sible, pour qu'il s'accoutume à conserver, sans
être tenu, son équilibre, et à continuer de lui-
même son mouvement, avec la régularité d'un
pendule.
On arrête à chaque instant, dès que la régula-
rité obtenue s'altère.
Puis avant de recommencer, on accorde
quelques secondes de repos complet, et on
rétablit l'équilibre en redonnant la légèreté.
48 DRESSAGE METHODIQUE.
On commence ensuite les pas de côté, les
pirouettes renversées et les pirouettes ordi-
naires.
Pour chacun de ces exercices, le cheval doit
d'abord être léger, calme, décontracté et par-
faitement droit. Alors le cavalier, prenant les
rênes de bride dans la main gauche, demande
le mouvement, ce qui provoque une contraction.
Aussitôt un pas obtenu, il arrête pour décon-
tracter encore avant de redemander un nouveau
pas.
Pas de côté. — Pour les pas de côté, on déter-
mine Tavant-main dans le sens du mouvement,
et l'on fait suivre la croupe en montrant la
cravache qui se fait sentir au besoin par petits
coups.
Si une résistance très forte de cette partie du
cheval vient à se manifester, on en triomphe
par une opposition de la main qui se replace
aussitôt la cession de croupe obtenue.
Les épaules doivent bien précéder les han-
ches et chaque membre gauche, si Ton appuie
à droite, par exemple, doit passer en avant de
son voisin du côté hors montoir.
Enfin il ne faut pas que le cheval avance.
PREPARER,
49
Pirouettes renversées. — Dans la pirouette
renversée, de gauche à droite, par exemple, le
menjbre montoir de devant ne doit pas quitter
le sol.
Le cavalier se place à l'épaule gauche et me-
nace le flanc qu'il frappe légèrement s'il est
nécessaire.
Pirouettes ordinaires. — Enfin on arrive à la
pirouette ordinaire.
Pour qu'elle soit bien exécutée, de gauche à
droite, par exemple, le membre postérieur droit
doit servir de pivot et rester fixé au sol. De
plus, le pied gauche de devant doit passer en
avant du pied droit antérieur. S'il passe en
arrière c'est qu'il y a acculement.
On se tient de manière à empêcher au besoin,
avec la cravache, la croupe de se déplacer.
On continue ce travail en cherchant tous les
jours à se rapprocher davantage de la perfec-
tion ; il faut en arriver à ce que l'animal obéisse
au simple geste, sans qu'il soit besoin de le
toucher, et exécute chacun des mouvements
sans altérer son équilibre.
Demander ce premier Travail à la simple Indica-
7
5o DRESSAGE MÉTHODIQUE.
tion du Geste. — Le cheval, une fois rendu léger,
doit commencer la marche en avant, les pas de
côté, ou les pirouettes, avant le contact de la
cravache, dès qu'elle est à une petite distance
du poil. De même, la légèreté étant obtenue, le
reculer doit commencer quand le cavalier
marche lentement vers Tanimal en le regardant,
les deux mains élevées, et très voisines du mors,
mais avant qu'elles Paient touché.
Il faut, bien entendu, que la marche rétro-
grade s'exécute avec le plus grand calme et la
plus grande régularité, un pas nouveau ne se
faisant que si le cavalier le demande.
La perfection que nous venons d'indiquer
est le but vers lequel on doit diriger Tinstruc-
tion du cheval. Mais ce n'est que plus tard,
quand déjà le travail à cheval est commencé,
qu'on peut espérer d'y arriver.
Il suffit donc que Tanimal ait compris le mé-
canisme des mouvements précédents, et qu'il
exécute bien les flexions, pour qu'on puisse le
faire monter par un aide.
De plus, il est préférable de ne commencer
le Rassembler, même à pied, que lorsqu'on ob-
PRÉPARER. 5i
tient déjà le ramener à cheval, au pas et au
petit trot.
Rassembler. — Habituer d'abord le Cheval au
contact de la Chambrière. — Le cheval étant sur
la piste à main gauche, le cavalier tient dans la
main droite la chambrière basse-, et dans Tautre
les rênes de la bride près du mors.
Il fixe son regard sur les yeux de Tanimal, et
demande la légèreté.
Puis il élève lentement la chambrière.
Mais lorsque le cheval bouge, il arrête son
bras droit dans la position où il se trouve, jus-
qu'à ce qu'il ait immobilisé Tanimal par des
demi-arrêts, et en donnant à ses yeux une
expression sévère.
Aussitôt l'immobilité obtenue, il le rassure
par l'interjection : « Oh ! » émise d'une voix
caressante.
On arrive ainsi progressivement à placer
franchement la lanière sur le cheval, le fouet
tombant du côté hors montoir,le bout du man-
che appuyé sur la partie gauche du dos.
Si à ce contact l'animal s'inquiète, on l'im-
mobilise avec la main gauche comme nous
Sa DRESSAGE METHODIQUE,
l'avons dit plus haut, tout en laissant la cham-
brière sur le poil.
Dès que le calme est revenu, on la glisse
alors d'avant en arrière, de façon que Textré-
mité du manche arrive un peu plus loin que la
hanche gauche. Puis on rabaisse jusqu'à tou-
cher le sol, de manière que toute la lanière
passe doucement sur la croupe.
Comment on accoutume le Cheval au Bruit du
Fouet ou à un objet effrayant, à se laisser ferrer, etc.
— Avant d'aller plus loin, disons que c'est par
un procédé analogue qu'on habitue un cheval
peureux au bruit du fouet, sur les pistes, aux
deux mains d'abord, puis au milieu du manège.
On agite la mèche doucement et près de terre
en fixant les yeux avec bienveillance sur ceux
de l'animal qu'on immobilise comme nous
l'avons dit, quand il s'inquiète.
Dès que le calme se montre, on caresse et on
agite plus vivement le fouet.
On doit en arriver à le taire claquer aux
oreilles du cheval tranquillisé et rassuré.
Le regard est d'une importance extrême dans
toutes ces pratiques.
PREPARER.
C'est par une proi^ression semblable qu'on
accoutume les caractères les plus sauvages et
les plus farouches à tous les objets qui les ef-
fraient, et qu'on amène les animaux les plus
irascibles et les plus méchants à se laisser ferrer
sans difficulté.
Commencements de Rassembler par la Cham-
brière sur les Pistes. — Quand le cheval reste
calme et immobile sous la chambrière, on de-
mande le rassembler.
Pour cela on cherche d'abord la légèreté, puis
on agite la chambrière près de la hanche gauche
en s'aidant d'appels de langue. On touche au
besoin Tanimal du manche et de la lanière,
mais le moins possible, afin d'éviter l'exaspé-
ration et la lutte.
Dès qu'il y a un commencement de mobili-
sation des membres sans avancer, on place,
comme nous l'avons expliqué, la chambrière
sur le dos et on la glisse jusqu'à terre par la
croupe, en cherchant à arrêter par ce moyen le
cheval apant qu'il s'immobilise de lui-même.
On recommence plusieurs fois, en ayant soin
de faire marcher l'animal un pas ou deux après
DRESSAGE METHODIQUE.
chaque temps de rassembler. Qu'il ne reste
même pas trop non plus à la même place en
se mobilisant; qu'il a^'ance plutôt un peu.
Puis on répète le tout à main droite en pas-
sant la chambrière dans la main sauche.
Commencements de Rassembler par la Cravache
sur les Pistes. — Quand l'animal a bien compris
ce travail, on essaie, toujours sur les pistes,
quelques commencements de rassembler avec
la cravache qu'on tient comme la chambrière
et dont on montre le petit bout près du flanc du
cheval. Mais on ne touche que si les appels de
langue et les menaces de frapper sont im-
puissants.
Pour arrêter, on pose d'abord la cravache
diagonalement sur le dos de l'animal. Mais
plus tard la main qui tient les rênes doit suffire.
Ces premières demandes de rassembler ne
se font sur la piste que pour faire comprendre
au cheval plus facilement ce qu'on veut de lui.
On doit arriver le plus tôt possible à l'essayer
au milieu du manège, avec la chambrière
d'abord, avec la cravache plus tard.
Sur la piste, le mur empêche qu'on ait « le
PREPARER. b5
complet ensemble des forces de Tanimal ».
Aussi vaut-il mieux, si Ton se croit assez ha-
bile, commencer dès le premier jour au milieu
du manège, comme nous allons l'expliquer.
Rassembler au milieu du Manège par la Cham-
brière. — Le cavalier tient les rênes de bride
dans la main gauche près du mors, et la cham-
brière dans la main droite.
Il commence par répéter ce qu'il a fait sur la
piste pour habituer le cheval à se calmer et à
s'arrêter au contact de la chambrière.
Puis, ayant rendu l'animal léger, il demande
le rassembler en élevant le fouet au-dessus de
la croupe.
Si le cheval se traverse, il montre la cham-
brière à droite ou à gauche en la faisant passer
derrière lui, et il revient toujours à la position
élevée de la lanière au-dessus de la croupe. Il
en touche Tarrière-main quand il est nécessaire,
mais toujours le plus rarement possible.
Insensiblement on en arrive à laisser la cham-
brière sur le côté du cheval ou même tout à
fait bas; mais quand l'action meurt, on l'élève
ou l'on s'en sert délicatement.
56 DRESSAGE METHODIQUE.
Dès qu'on obtient un petit commencement
de mobilité des extrémités en place, Tanimal
restant parfaitement droit et n'avançant ni ne
reculant, on arrête aussitôt par le contact enve-
loppant de la chambrière, puis on décontracté
complètement, et on laisse quelques secondes
de repos avant de recommencer.
Il faut tacher, dès ces premières leçons, que
le cheval se rassemble sans aides, sans c|u'il
soit nécessaire de le toucher pour donner l'ac-
tion, et sans que la main soit utile pour empê-
cher le poids de passer en avant.
Rassembler au milieu du Manège par la Cra-
vache. — Quand le rassembler s'exécute ainsi
sans difficultés, on le demande par la cravache
qu'on tient à la place de la chambrière dans la
main droite.
On part comme toujours de la légèreté, puis
on montre la cravache à droite et à gauche
plusieurs fois, pour donner l'action.
Alors on l'élève au-dessus du dos de l'animal
qu'on calme par la voix et en cherchant à l'im-
mobiliser par de légers effets de main.
Le cheval une fois tranquille et parfaitement
PREPARER. 57
droit SOUS la cravache, on Texcite au rassem-
bler par des appels de laoL^ue et en le touchant
au besoin délicatement de la mèche sur la
croupe.
Dès qu'il se mobilise en place on Tarrête, on
décontracte et on recommence.
■ Si l'animal rue, on le corrige par la main qui
tient les rênes, mais jamais par la cravache.
Il faut apporter la plus grande attention à ce
que le cheval n'ait pas le poids sur le devant
dans le rassembler. Aussi est-il indispensable,
avant de le demander, de bien en débarrasser
cette partie, c'est-à-dire d'obtenir la légèreté
par l'élévation de l'encolure.
On doit s'efforcer d'arriver à la mobilisation
des extrémités sans que la main soit nécessaire
pour empêcher le cheval d'avancer, et sans que
la cravache ait besoin de se faire sentir.
Enfin, si le cheval n'est plus parfaitement
droit, il faut aussitôt arrêter, redresser, décon-
tracter, avant de recommencer. C'est de la plus
haute importance.
Dans un manège carré, il est commode de se
régler sur les murs pour s'assurer que le cheval
est et reste bien droit d'épaules et de hanches.
s
38 DRESSAGE METHODIQUE.
Recommandations importantes. — Pendant le
rassembler, les membres postérieurs s'avan-
cent sous la masse, mais il ne faut pas deman-
der qu'ils restent engagés lorsque Faction qui
le produisait vient à cesser.
On doit, dès le commencement, apporter la
plus grande attention à ce que les deux pieds
de derrière s'engagent autant Tun que Tautre.
Il arrive souvent, en eifet, que Tun des bipèdes
diagonaux, le gauche, par exemple, se pose un
peu plus en arrière que l'autre. Cela est surtout
vrai pour le membre postérieur dudit bipède,
le droit par conséquent dans le cas qui nous
occupe. Il ne faut pas trop alors rester en place.
On fait avancer un peu le cheval pendant que
se produit le rassembler, et Ton tâche, par des
effets de main et de cravache habilement pro-
duits, d'arriver à avoir les deux pieds sur la
même ligne.
On ne doit pas non plus tenir un pareil che-
val parfaitement droit. Ainsi, dans l'exemple
choisi, il faut que la croupe soit un peu portée
à gauche, mais sans exagération, afin de donner
plus d'activité au membre postérieur droit qu'à
son voisin.
PREPARi:i^. 59
Il est très important de corriger dès le prin-
cipe le défaut dont nous parlons, car une fois
c[u'on a laissé prendre à un cheval cette mau-
vaise habitude, il est presque impossible de la
lui faire perdre.
Le travail à pied n'étant qu'une préparation
à ce que Ton se propose de demander plus tard
en selle, on ne doit pas sacrifier le principal à
Faccessoire.
Aussi faut-il s'empresser de faire monter
un aide sur le cheval qu'on dresse.
Mais on n'en continue pas moins chaque jour
le travail à pied, afin de le rendre de plus en
plus parfait, et il faut chercher sans cesse à
obtenir le rassembler avec une légèreté plus
constante et plus de régularité.
Il se rythme dès lors de lui-même, et devient
ainsi Piaffer.
CHAPITRE II
ÉQUITATION DE FANTAISIE. — ALLURES
ARTIFICIELLES
liAFFER. — Avec le piaffe?' on entre dans
Fcquitation de fantaisie, équitation savante,
pleine de jouissances, utile même pour ar-
river à la perfection, mais non indispen-
sable pour le dressage ordinaire.
Quand le piaffer est bien dessiné, les battues doivent
s'espacer de plus en plus et les membres s'élever davan-
tage à chaque leçon.
Le cheval doit continuer à se cadencer sans main, ni
appels de langue, ni cravache, toujours parfaitement
droit, Tencolure bien soutenue avec une légèreté con-
stante, sans avancer ni reculer.
Si les membres de devant ne s'élèvent pas autant que
ceux de derrière, il faut toucher de la cravache l'animal
au poitrail. Dans le cas où il voudrait alors frapper avec
ses pieds antérieurs, on l'en empêcherait par des demi-
arrèts, et si ce moyen ne suffisait pas, on lui remettrait
au besoin le caveçon.
pri:parer. 6i
Si c'est rarricrc-main qui manque d'activiie, on
frappe de temps à autre sur la croupe de petits coups secs.
Passage. Trot en arrière. — • On exerce ensuite l'ani-
mal à piatler en avançant de trois ou quatre centi-
mètres d'abord, puis de dix à quinze à chaque temps, ce
qui constitue le passage, et à reculer également d'un
pouce ou deux à chaque battue, cadence qui s'appelle
trot en arrière.
Ces deux airs sont d'autant plus beaux que le cheval
gagne moins de terrain en avant ou en arrière, et que le
soutien de chaque bipède diagonal est plus élevé et
plus prolongé, la légèreté demeurant intacte.
On demande tout ce travail à la cravache, mais on
peut quelquefois se servir également de la chambrière.
Il n'est pas non plus nécessaire de desseller toujours
le cheval. Alors la cravache excite l'animal en frappant
sur le siège de la selle et ne touche la croupe que
comme moyen extrême.
Extension complète et horizontale de chacun des Mem-
bres de devant au moyen de la Cravache. — Quand chacun
des mouvements du travail à pied qui précède a été
bien compris par le cheval, on peut commencer à lui
faire lever par la cravache les deux membres antérieurs
alternativement.
A cet effet, on se place devant l'animal dont on élève
la tête avec la main gauche, qui s'assure en même temps
que le cheval est léger.
De l'autre on tient la cravache la pointe basse.
On en touche par petits coups, répétés à une seconde
d'intervalle, l'avant-bras du membre qu'on veut déta-
62 DRESSAGE METHODIQUE.
cher du sol, jusqu'à ce que le cheval l'ait soulevé légère-
ment. La main qui tient les rênes allège cette même
partie en faisant refluer le poids sur le pied qui doit
restera l'appui.
On corrige par des demi-arrêts tous les mouvements
de colère de l'animal et on le replace bien droit en se
servant de la cravache qui cesse de toucher Tavant-bras
dès que l'immobilité du corps et le calme disparaissent.
Dans le principe, on récompense dès que le pied s'est
détaché du sol, ne serait-ce qu'un moment.
Puis on fait de même lever l'autre.
A mesure que cet exercice devient plus familier au
cheval, on demande de plus en plus le soutien, l'exten-
sion et l'élévation du membre, c'est-à-dire qu'on ne
cesse les attouchements de la cravache que lorsqu'on a
obtenu un progrès, — fût-il à peine appréciable, — com-
parativement à ce que l'animal donnait précédemment.
11 faut de plus s'assurer que la légèreté ne s'altère
point.
On arrive ainsi, en agissant avec beaucoup de tact et
en augmentant insensiblement ses exigences, à l'exten-
sion complète de chaque membre antérieur tenu ho-
rizontalement aussi longtemps que le cavalier n'en
permet pas l'abaissement.
Pas espagnol. — C'est le moment de commencer le
pas espagnol.
Pour obtenir cet air, le cavalier met d'abord l'animal
sur la piste à main gauche. Il tient les rênes et la cra-
vache comme précédemment, mais il se place un peu
en dedans du manège pour ne pas être atteint par les
PREPARER.
jambes de devant. Puis il demande la légèreté et fait
lever un des membres.
Pendant l'extension de ce membre, il touche de la
cravache l'animal au poitrail pour provoquer un pas en
avant.
Le pas exécuté, il arrête, rétablit l'équilibre s'il est
altéré, et fait lever l'autre jambe.
Il demande aussitôt un nouveau pas, puis arrête,
cherche la légèreté, et ainsi de suite.
On recommence à l'autre main en se plaçant d'une
manière analogue.
Dès que cette marche a été comprise par le cheval,
on tâche de l'obtenir en se servant désormais le moins
possible de la cravache et en reportant le poids alterna-
tivement sur le membre qui doit rester au sol, pendant
que l'autre marque dans son soutien toute l'extension
dont il est susceptible.
On s'éloigne le plus vite possible de la piste pour ne
plus y revenir, et on s'efforce de jour en jour d'arriver à
ce que, la légèreté restant inaltérée, l'animal prenne
facilement cette allure artificielle qui doit être cadencée,
harmonieuse, et aussi lente que le cavalier le désire.
Trot espagnol. — On passe ensuite au trot espagnol.
Pour cela on se place aussi d'abord sur la piste. Mais
le cavalier doit regarder du même côté que le cheval
pour ne pas être obligé de marcher à reculons. Si l'on
est à main gauche, par exemple, l'homme tient donc les
rênes de bride dans la main droite et la cravache dans
l'autre.
On met l'animal au pas espagnol, puis, tout en facili-
Ô4 DRESSAGE METHODIQUE.
tant cette allure par les déplacements alternatifs du
poids vers la droite et vers la gauche, on en augmente
la vitesse en frappant légèrement le poitrail avec la cra-
vache, s'il est besoin. De mênie on en touche les avant-
bras s'il faut entretenir l'extension ou l'élévation des
membres.
On surveille aussi constamment la légèreté.
A mesure que l'animal prend l'habitude de rappro-
cher les battues du pas espagnol, on accélère celui-ci
de plus en plus, de manière à obtenir insensiblement la
naissance du trot, lequel se produit, comme on sait,
quand les foulées du pas, après s'être rapprochées de
plus en plus, finissent par se confondre deux à deux,
diagonalemcnt.
Dès qu'on a eu un ou deux temps de trot avec l'exten-
sion des membres de devant, on arrête, on dccontracte
et on recommence.
Ces essais se répètent à droite d'après les mêmes prin-
cipes.
On doit s'éloigner des pistes dès qu'il est possible. Il
faut, en demandant chaque jour une ou deux foulées de
plus avant d'arrêter, en arriver progressivement à ce
qu'il suffise de montrer la cravache et de reporter le
poids d'une épaule sur l'autre pour que le trot espagnol
se produise avec une grande élévation, la légèreté res-
tant intacte, les membres s'étendant complètement dans
une direction horizontale, les battues se reproduisant à
des intervalles éloignés et égaux, et chaque bipède dia-
gonal passant de l'appui au soutien par une détente
moelleuse et élastique qui fasse peu avancer l'animal.
Un cheval peut être parfaitement équilibré et com-
PREPARER.
65
plètement dressé par ailleurs sans faire ni trot ni pas
espagnol, et sans même avoir appris à lever les membres
de devant à la volonté du cavalier.
Ces différents exercices ne sont donc nullement une
partie indispensable du dressage, et Ton peut sans in-
convénient s'abstenir de les demander.
Mais d'un autre côté le trot espagnol est le plus puis-
sant moyen de donner aux mouvements des épaules
leur extrême développement.
Trot à Extension soutenue. — Quand un cheval prend
facilement cette allure artificielle, on cherche peu à peu
à en accélérer les battues sans altérer la projection bril-
lante et horizontale des membres de devant, et l'on ar-
rive ainsi au trot à extension soutenue.
Mais c'est surtout à cheval que ce dernier trot peut
être enseigné et obtenu dans toute sa beauté par le cava-
lier.
CHAPITRE III
LEÇON DU MONTOIR
Le Cheval est sellé.
0 MINER l'animal. Le récompenser dès
qu'il se montre soumis. Procéder avec
une extrême Gradation.
Si Ton a affaire à un animal dont on se méfie,
soit qu'il n'ait jamais porté Thomme, soit qu'il
ait montré un caractère farouche et quinteux,
on lui met le caveçon dont le cavalier tient la
longe.
On se place d'abord sur la piste à main
gauche. Le cavalier fait marcher le cheval à la
cravache. Au bout de quelques pas, il l'arrête
par un coup de caveçon d'une force modérée,
mais suffisante pour faire comprendre à Tani-
PREPARER. 67
mal la puissance de l'instrument qu'il a sur le
nez.
Il redemande de nouveau la marche par la
cravache, puis il arrête encore par un léger
coup de caveçon.
Quand le cheval semble éprouver une crainte
salutaire et se montre convenablement soumis
à rhomme, un aide s'approche et se place à
Tépaule gauche. Le cavalier flatte le cheval sur
Tencolure et le regarde avec bienveillance.
L'aide croise les rênes de filet dans sa main
gauche, prend les crins de la même main et les
tire à lui.
Si l'animal bouge, l'aide cesse toute action
et reste à l'épaule. Le cavalier donne un coup
de caveçon proportionné à la faute, et replace
le cheval comme précédemment.
Le calme rétabli, l'aide recommence.
Si le cheval reste immobile, le cavalier le
flatte du regard, de la main et de la voix. L'aide
le caresse aussi sur l'encolure et cesse de tirer
sur la crinière.
Quand l'animal supporte cette action sans
s'inquiéter, l'aide prend l'étrivière gauche et la
fait claquer.
68 DRESSAGE METHODIQUE.
On agit comme il vient d'être expliqué, selon
que le cheval se tracasse ou reste calme.
Puis l'aide engage le pied dans Tétrier, mais
le retire au plus vite si l'immobilité disparaît.
Il s'enlève ensuite sur l'étrier avec la plus
grande lenteur, en évitant de toucher l'animal de
la pointe du pied, caresse le dos et la croupe et
redescend aussitôt à terre, mais sans brusquerie.
Il recommence à s'enlever sur l'étrier et enfin
passe la jambe pour arriver doucement en selle.
Si à cet instant l'animal s'inquiète, il saute à
terre lestement.
Pendant toute cette série d'actions progres-
sives, le cavalier qui tient le caveçon redouble
d'attention, encourage la soumission du cheval
en le flattant de la voix et de la main droite,
mais punit par des saccades verticales toute
manifestation de révolte ou d'impatience, ne
donnant jamais qu'une seule saccade par faute.
Le calme paraissant complet, l'aide recom-
mence à se mettre en selle. Puis il chausse
l'étrier droit.
Il le quitte ensuite délicatement, repasse la
jambe droite par-dessus la croupe, s'arrête un
moment sur l'étrier gauche, caresse encore le
PREPARER. 69
cheval de la main droite, et descend moelleu-
sement à terre.
Le cavalier fait alors marcher l'animal quel-
ques pas à la cravache en le flattant, pour
augmenter la confiance et reposer l'attention de
son élève.
Quand cette suite d'actions a été répétée plu-
sieurs fois, on prescrit à Taide arrivé en selle
et ayant les deux étriers chaussés, de séparer
les rênes du filet et d'assurer sa tenue, et le
cavalier fait marcher le cheval à la cravache.
Si le départ est calme, régulier, il flatte l'ani-
mal de la voix et du regard en le caressant sur
l'encolure.
S'il en est autrement, la faute est aussitôt
punie par un coup de caveçon proportionné.
On rétablit la confiance et on recommence
jusqu'à ce que le premier pas soit bon.
Alors on arrête et Taide met pied à terre.
On continue cette leçon sur la piste jusqu'à
ce qu'elle soit bien comprise.
Puis on la répète au milieu du manège tant
qu'il est nécessaire.
Alors on ôte le caveçon et on replace le cheval
70 DRESSAGE METHODIQUE.
sur la piste à main gauche, le cavalier à pied,
tenant les rênes de la bride près du mors dans
la main gauche pour agir par des demi-arrêts
s'il faut punir.
Quand l'animal se laisse monter sans bouger
sur la piste sans le caveçon, on le met au mi-
lieu du manège.
Dès que dans cette dernière position Taide
peut arriver en selle sans que le cheval pa-
raisse inquiet, et dès que le départ au pas sur
la cravache est régulier et calme, le cavalier
doit faire éloigner Taide et monter lui-même.
A cet elîet, il met encore le cheval sur la piste
comme précédemment. Il tient l'extrémité des
rênes de bride dans la main droite, et répète la
leçon comme nous venons de l'indiquer, avec
cette différence que c'est lui qui corrige par des
demi-arrêts sur la bride toutes les fautes de
l'animal, et qu'une fois en selle il ne le fait pas
marcher.
Si le cheval reculait à son approche, le cava-
lier reviendrait sans brusquerie à hauteur du
poitrail et le ferait avancer à la cravache au-
tant qu'il serait nécessaire.
PREPARER.
Il faut que le cavalier conserve sa main droite
le plus libre possible, ne s'en servant pour s'en-
lever et se tenir que quand il ne peut pas faire
autrement. Il doit redoubler de tact et dlia-
bileté.
La leçon bien comprise sur la piste se redonne
au milieu du manège, et alors, quand Tanimal
reste toujours calme et immobile dans cette
position, on peut le dire confirmé au montoir.
Si, en raison des précédents du cheval, ou de
son caractère doux et soumis, on juge inutile
dès le principe de se servir du caveçon, la leçon
se donne avec la bride seule, de la même ma-
nière, et en suivant soigneusement la même
progression, avec cette différence que le cava-
lier à pied punit par des demi-arrêts tous les
mouvements de révolte instinctifs ou volon-
taires de l'animal.
CHAPITRE IV
FAIRE DEMANDER PAR UN AIDE
A CHEVAL LE TRAVAIL ENSEIGNÉ A PIED
LEÇON DE L'ÉPERON.
X fait monter un aide sur le cheval
sellé, qui a le caveçon, à moins qu'on
n'ait jugé, pour des raisons sérieuses,
cette précaution inutile.
La leçon se donne dès le début au milieu du
manège.
Le cavalier à pied tient la longe, ou, si Ton
n'a pas mis le caveçon, les rênes de bride près
du mors.
L'aide a une rêne de filet dans chaque main
et ne s'occupe d'abord que de sa tenue, se lais-
sant porter sans agir en rien sur l'animal.
Le cavalier à pied redemande alors tout le
PREPARER.
7J
travail que le cheval a appris jusque-là non
monté. C'est afin de le familiariser avec le
poids de rhomme.
Dès que chacun de ces exercices s'exécute
facilement ainsi, le cavalier prescrit à Taide qui
est en selle de le demander lui-même.
Ce dernier commence par les flexions.
Flexions. — Il cherche donc d'abord la légè-
reté sur les deux rênes de filet à la fois, en éle-
vant beaucoup la tête et Tencolure.
Il la demande ensuite sur les deux rênes de
la bride, puis sur chaque rêne de filet et de
bride séparément, en alternant toujours comme
il est prescrit.
Marcher. — Une fois les flexions obtenues,
l'aide ferme les deux jambes également et pro-
gressivement.
Si ranimai se porte en avant à cet effet, les
jambes se relâchent; on caresse et on arrête.
L'aide redemande aussitôt la légèreté.
Si, à l'approche des jambes de l'aide, l'ani-
mal ne se porte pas en avant, le cavalier à
pied le détermme à obéir, par la cravache au
poitrail , pour lui faire comprendre ce qu'on
veut obtenir en le touchant des mollets. On
74 DRESSAGE MÉTHODIQUE.
recommence jusqu'à ce que le contact du pan-
talon ou de la botte produise la marche en
a^'ant.
Reculer. Pas de côté. Pirouettes. Commence-
ments de Rassembler (et de pas espagnol). —
L'aide demande de même le reculer, les pas de
côté, les pirouettes, puis sur les pistes aux deux
mains, quelques soupçons de rassembler [et
même im peu de pas espagnol) si Tanimal y a
déjà été suffisamment préparé.
Comme nous Tavons expliqué pour la mar-
che en avant, le cavalier s'empresse de faire
comprendre au cheval ce qu'on veut de lui dès
qu'il montre la moindre hésitation.
On se contente de la plus petite apparence
d'obéissance pour récompenser au plus vite et
donner du repos.
Si l'animal essaie de se défendre ou commet
une faute quelconque, le caveçon agit immé-
diatement comme punition.
Si Ton s'est cru assez sûr du cheval qu'on a
entrepris pour ne pas lui mettre cet instrument,
le cavalier à pied se contente de tenir alors
constamment les rênes de bride près du mors;
mais c'est toujours lui — et non l'aide à cheval
PRÉPARER. 75
— qui corrige par des demi-arrêts chaque fois
qu'il est nécessaire.
Ces mêmes prescriptions s'appliquent à la
leçon que nous allons détailler et qui a pour
but d'apprendre au cheval à connaître l'éperon.
On la donne dès que Tanimal commence à
répondre aux aides de l'homme qui le monte.
Habituer le Cheval à l'Eperon. — Voici com-
ment il faut procéder.
Appui des Mollets. — L'aide ayant des bottes
sans éperons, le cavalier lui prescrit, après qu'il
a obtenu une bonne légèreté sur les deux rênes
de filet, d'approcher les deux mollets des flancs,
et d'augmenter lentement la force de cette pres-
sion, tout en faisant avec le filet une opposition
suffisante pour empêcher le cheval de se porter
en avant.
Si l'animal conserve son immobilité, son
calme et sa légèreté pendant que l'aide serre
les jambes avec une certaine énergie, on s'em-
presse de tout rendre et de caresser.
S'il se mobilise, s'inquiète, l'aide continue la
pression de ses mollets sans l'augmenter, et le
cavalier agit par saccades de caveçon ou par
76 DRESSAGE METHODIQUE.
demi-arrêts, jusqu'à ce que rimmobilité sur-
vienne. Alors l'aide desserre ses jambes au plus
vite et le cavalier flatte le cheval de la voix et
de la main.
Appui des Talons nus. — Quand Tanimal sup-
porte la plus grande pression des jambes de
Faide sans perdre ni son calme, ni son immo-
bilité, ni sa légèreté, on prescrit à ce dernier de
les fermer jusqu'au contact des talons.
Lorsqu'un fort appui des talons nus est ac-
cepté avec la même tranquillité que celui des
mollets, on adapte Téperon à la botte. Mais on
a soin d'envelopper les molettes d'un peu
d'étoupe ou de vieux linge qu'on enferme dans
des morceaux de peau ou des bouts de doigts
de gants au moyen de ficelle dont on entoure
les collets.
Appui des Molettes recouvertes. — On suit
la même progression que précédemment,
pour habituer le cheval aux molettes recou-
vertes.
Appui des Eperons débarrassés de toute Enve-
loppe. _^ On débarrasse alors celles-ci de toute
enveloppe et on recommence ce qu'on a fait
pour l'appui des mollets, des talons nus et des
PREPARER.
éperons recouverts, en agissant encore avec
plus de délicatesse, si c'est possible.
En Place. — Ainsi on débute par serrer les
mollets avec une grande énergie, puis le fer
s'approche progressivement du poil où il se
coWq franchement, mais sans trop de puissance
d'abord.
Dès qu'il a touché, au premier moment de
cahne, d'immobilité et de légèreté, l'aide s'em-
presse de rendre, c'est-à-dire de baisser les
poignets et de desserrer totalement les jambes
en éloignant d'abord ses éperons du poil et en
relâchant en dernier lieu ses mollets. On caresse
en même temps.
Si le cheval « rue à la botte », le cavalier à
pied punit par le caveçon ou par des demi-
arrêts.
On recommence souvent à approcher ainsi
en station les éperons. On se montre très géné-
reux pour la récompense, de manière à bien
confirmer le cheval, à bien lui faire comprendre
que ce qu'on cherche c'est l'immobilité et la
légèreté, et qu'on le flatte dès qu'il se calme et
se tranquillise.
Marcher sur l'Éperon. — Quand on a obtenu
78 DRESSAGE METHODIQUE.
ce résultat en place, il faut ensuite, et c'est de
la plus haute importance, habituer Tanimal à
« se porter de pied ferme en avant sur Téperon ».
A cet effet, les éperons étant au poil, et la
main, après avoir fait opposition pour main-
tenir l'immobilité, ayant rencontré la légèreté,
Taide baisse un peu les poignets et augmente
la force de Tappui du fer.
Si le cheval se porte en avant, les aides in-
férieures se relâchent aussitôt, puis la main
arrête.
On recommence plusieurs fois.
Si l'animal ne se met pas en marche lorsque
la pression des éperons a atteint son maximum
d'intensité, le cavalier à pied le détermine à se
porter en avant en le touchant au poitrail avec
sa cravache.
On répète cet exercice autant qu'il est néces-
saire pour y bien confirmer le cheval.
Appui des Eperons en marchant au Pas. — Puis
on dit à l'aide en marchant au pas, d'appuyer
d'abord les mollets, puis d'arriver doucement
mais franchement au fer, la main empêchant
l'accélération de l'allure; c'est-à-dire d'éviter
rapproche timide des éperons qui produit des
PREPARER.
79
attouchements intermittents, lesquels chatouil-
lent ou irritent Tanimal.
Si Tarrivée des éperons au poil amène du
désordre, le cavalier à pied rétablit le calme et
la régularité de la marche par le caveçon ou des
demi-arrêts.
Passer du Pas au trot sur l'Eperon. — Il faut
ensuite accoutumer le cheval, Téperon étant
au poil, à passer du pas au trot par une plus
grande pression du fer.
Appui des Éperons au petit Trot. — Enfin, en
suivant toujours la même gradation, on habitue
l'animal à supporter Tappui du fer au petit trot
— la main faisant opposition — sans que ni
l'allure ni la légèreté n'en éprouvent d'alté-
ration.
Tous ces appuis d'éperons se font d'abord
en se servant du filet comme opposition au
surcroît d'action qui en est la conséquence.
Mais il faut s'empresser de faire usage du mors
de bride dès que l'animal reste calme à l'ap-
proche des molettes, et c'est uniquement de ce
mors, des rênes de bride par conséquent, qu'on
doit se servir dans la suite, lorsqu'on a besoin,
pour une cause ou une autre, d'enfermer sa
8o DRESSAGE METHODIQUE.
monture entre le fer du mors et celui des
éperons.
A partir de ce moment, le cheval « connaît
Féperon ». On peut alors remployer quand il
est nécessaire, sans que son usage produise du
désordre, et l'on est sûr, désormais, d'avoir de
rimpulsion quand on s'en sert, puisqu'on a
appris à Tanimal à donner toujours à ses forces
la direction d'arrière en avant lorsque le fer
s'appuie au poil.
De plus, on a sur le cheval un moyen assuré
de domination, piliisqu'on a la facilité de Tem-
pêcher d'exécuter quoi que ce soit de contraire
à la volonté de celui qui le monte, et de le
forcer par contre à lui obéir.
C'est donc le moment pour le cavalier de
congédier son aide et d'enfourcher seul doré-
navant son élève, devenu, par ce dressage pré-
paratoire, entièrement à la discrétion de celui
qui sait à cheval se servir convenablement de
ses aides et surtout de ses éperons.
«">•'' -" ''^'.. ■'"■'^'^ . •;';
DEUXIEME PARTIE
PRÉPARER [Suite)
II
DEUXIEME PARTIE
PREPARER [Suite]
RECOMMANDATIONS GENERALES
RRÊTER tout désordre par l'effet d'En-
semble sur l'Éperon. — Une fois en
selle, si le cheval veut essayer une
défense quelconque, le cavalier
doit aussitôt Ten empêcher par un « effet d'en-
semble sur l'éperon » ; et voici comment il faut
s'y prendre pour le pratiquer.
La première condition de réussite, c'est de
ne pas lâcher la tête de l'animal. On doit donc
avoir les rênes courtes. Il est préférable et plus
sûr, comme nous Tavons dit, de se servir pour
cet effet de celles de la bride. Mais fessentiel
est de ne pas rendre, de façon à empêcher tout
84 DRESSAGE MÉTHODIQUE.
mouvement diéloignement de la tète. Les mol-
lets se ferment en même temps avec force et,
aussitôt après leur étreinte énergique, on arrive
à l'appui bien franc des deux éperons. La main
continue son opposition, jusqu'à ce que cette
pression vigoureuse, graduée et simultanée des
jambes et des éperons poussant la masse sur le
mors qui fait barrière, ait produit Timmobilité,
ou rétabli la régularité de Tallure si Ton est en
mouvement et qu'on juge inutile d'immobiliser
l'animal. La légèreté s'étant manifestée, on
relâche les doigts, puis les éperons, et enfin les
jambes.
L'etfet d'ensemble, ainsi pratiqué sans hési-
tation, est le seul moyen absolument sûr d'em-
pêcher une défense. Mais, même dans le cas
où l'occasion d'en faire usage ne se présente
pas, il est indispensable de consacrerune partie
de chaque séance à redonner toute la leçon de
l'éperon pendant les premiers jours où l'on
monte l'animal sans le caveçon.
Quoiqu'on puisse s'en dispenser, il est sou-
vent bon, par prudence, d'obliger un aide à se
maintenir /'7'è.y de la tête du cheval — mais sans
le tenir si tout va bien — pendant qu'on le
PREPARP:R (SUITE). S5
confirme dans la connaissance de Téperon.
On reprendrait même le caveçon,si — contre
toute attente — des désordres inquiétants sur-
venaient à ce moment.
Si ranimai reculait à Tappui des éperons, il
faudrait Tattaquer vigoureusement, jusqu'à ce
qu'il se soit porté en avant. Cette défense est
peu à craindre, si Ton a bien suivi la progres-
sion indiquée.
Il faut toujours que le cheval se porte sur la
main à Tappui des éperons, et à plus forte rai-
son à Fattaque des éperons. Il en doit être de
même dans Teffet d'ensemble de pied ferme;
seulement, là, il n'y a pas de mouvement. Mais
les forces viennent finir contre le mors qui fait
céder la mâchoire.
Si l'animal rue à l'approche du fer, le punir
par un coup de cravache cinglé près de la botte.
N'en donner qu'un seul, mais bon, et aussitôt
la désobéissance.
De l'efTet de la Cravache . — La cravache a pour
effet de disperser les forces du cheval, quand
celui-ci les concentre contre la volonté du
cavalier.
86 DRESSAGE METHODIQUE.
Ainsi, quand un animal se rassemble pour
se défendre, quand il va ruer, se cabrer, ou
bondir, si Ton veut le châtier par la cravache,
il faut en appliquer un vigoureux coup, un peu
en arrière de la botte, mais un seul pour ne
pas provoquer en lui l'exaspération qui amène
la lutte. Qu'il ne voie pas la cravache : il n'en
sera que plus effrayé par ce châtiment subit qui
lui en fait redouter un plus douloureux encore.
L'emploi de ce moyen n'est, du reste, pas
indispensable dans ce cas, attendu que l'effet
d'ensemble sur l'éperon permet de prévenir
toutes les défenses, d'arrêter tous les désordres
et de contraindre l'animal à continuer son
mouvement à toutes les allures et dans toutes
les directions.
Des Fouaillements de Queue. — Quand l'ap-
proche des éperons ou des jambes provoque
un fouaillement de queue, il faut se contenter
de l'éperon à boules rondes ou même du talon
nu, si l'animal a assez d'action.
Procéder avec une extrême gradation. Suivre
une sage progression. Pas de surprise; pas
d'enjambements.
PREPARER {SUITE). 87
Mettre d'abord l'animal en confiance.
On doit en rester aux appuis des mollets,
tant que leur simple contact amène un fouail-
lement. Chaque fois qu'on approche les jambes,
on les laisse alors collées aux flancs jusqu'à
ce que tout mouvement de queue ait cessé. Il
faut que l'animal finisse par ne plus s'en préoc-
cuper. Quand il ne fouaille plus du tout de la
queue à l'approche des mollets, on arrive à
l'appui des talons nus, et quand les talons
n'amènent plusdefouaillements, on appuie des
éperons à boules rondes.
Enfin, quand le contact des boules rondes
laisse le cheval froid, ne produit plus à son tour
de fouaillement de queue, on essaie d'appuyer
des molettes nues à pointes émoussées; mais
si la queue recommence encore à s'agiter, il vaut
mieux s'en tenir aux boules rondes.
On doit s'abstenir avant tout de favoriser ces
fouaillements. Ainsi , par exemple, tant qu'il s'en
manifeste, il ne faut pas demander de piaffer.
Ils ne proviennent que d'une mauvaise
contraction des muscles de la croupe. Si cette
partie ne se contracte que pour pousser en
avant, ils ne se produisent pas. Il faut donc
88 DRESSAGE METHODIQUE.
éviter le plus possible d'opposer la main aux
jambes tant qu'il y a fouaillement, afin de don-
ner plus facilement aux forces la direction
d'arrière en avant.
Quand le cheval ne revient plus sur lui à
rapproche des jambes, ou des éperons, et que,
à ces actions, les jarrets s'engagent bien fran-
chement/^oz/rjpoz/i-^er^ le fouaillement disparaît.
C'est qu'il n"y a plus alors dans la croupe que
les contractions propres à produire l'impulsion.
But des premiers Procédés de Dressage. — Les
procédés de dressage que nous allons d'abord
détailler ont pour but d'élever l'encolure de
manière à alléger le devant, à rendre facile le
reflux du poids ci'avant en arrière, et d'arriver
ainsi à l'équilibre.
L'élévation de l'encolure ne peut s'obtenir
qu'en agissant en même temps sur la tète du
cheval. On ne s'occupe donc pas de la position
que peut prendre en commençant cette dernière
partie. Quand l'encolure se soutient bien, la lé-
gèreté à la main se complète par la décontrac-
tion de la mâchoire, et la tète se rapproche plus
ou moins de la verticale.
PREPARER [SUITE). 89
C'est ensuite au cavalier à la fixer au ramener
par les moyens que nous décrirons plus tard.
Main sans Jambes, — ^ Jambes sans Main. — On
doit appliquer dès le commencement le prin-
cipe « jambes sans main, main sans jambes »
toutes les fois qu'on n'a pas besoin — pour
empêcher une défense ou pour faire sentir à
ranimai la domination de Thomme — de se
servir de Teffet d'ensemble sur l'éperon.
En évitant d'employer simultanément la main
et les jambes, le cheval comprend plus claire-
ment ce qu'on veut de lui, et le cavalier est obli-
gé à plus de justesse dans Temploi de ses aides,
parce que toutes les erreurs commises par lui
apparaissent aussitôt sans atténuation.
Il arrive au contraire la plupart du temps,
quand on se sert en même temps des jambes et
de la main, que les jambes corrigent instincti-
vement les fautes de la main et que réciproque-
ment la main corrige les fautes des jambes.
CHAPITRE PREMIER
TRAVAIL PRÉPARATOIRE AU MILIEU
DU MANÈGE
Itant à cheval arrêté au milieu du
manège, faire un nœud aux rênes de
bride et un nœud aux rênes de filet
pour les avoir plus courtes.
Manière de demander la Légèreté. — La légè-
reté se demande à cheval de la même manière
qu'à pied ; c'est-à-dire que le cavalier sent la
bouche en donnant une demi-tension à ses
rênes. Si après avoir continué cette action pen-
dant un certain temps, tout en Taugmentant
légèrement, la décontraction de la mâchoire
tarde trop à venir, les résistances du poids se
combattent parle demi-arrêt, et celles des forces
par la vibration.
PREPARER {SUITE). 91
Ce n'est qu'après les avoir vaincues que se
donne avec les mêmes rênes Tindication du
mouvement.
Il importe de les bien distinguer.
On doit entendre par résistances de forces les
contractions que la mâchoire oppose volon-
tairement à la main du cavalier. Ces mouve-
ments voulus par le cheval lui servent à repous-
ser à chaque instant le mors en s'appuyant
dessus par une sorte de tic nerveux.
Le poids empêche l'équilibre sans que le
cheval veuille résister; au lieu que les forces
sont le moyen par lequel il lutte contre le mors
au lieu de le faire sauter moelleusement avec
sa langue.
Mais il arrive fréquemment, quand on doit
donner un demi-arrêt pour obtenir la légèreté,
qu'il faille également employer la vibration, et
inversement, quand on fait usage de la vibra-
tion, qu'un demi-arrêt soit aussi nécessaire,
attendu que l'animal résiste souvent en même
temps par le poids et par les forces.
On n'oubliera pas que pour donner le demi-
arrêt ou la vibration il faut bien serrer les
doigts. Peu déplacer les mains, contourner
DRESSAGE METHODIQUE.
le poignet gauche de manière que la rêne
gauche soit également bien tendue. C'est le pe-
tit doigt qui a le principal rôle, quelle que soit
la main qui agit.
Dans la vibration il ne faut pas abandonner
la bouche du cheval. C'est une invitation à
céder, invitation légère, très délicate.
Lorsque de pied ferme on rencontre une ré-
sistance à l'effet d'une rêne employée isolément,
on arrive quelquefois encore plus vite à la vain-
cre en déplaçant la croupe par la jambe du
même côté.
On fait alors tourner l'arrière-main métho-
diquement, lentement, autour des épaules,
mais d'une façon continue, jusqu'à ce que la
décontraction de la mâchoire se soit mani-
festée.
Travail en Place au milieu du Manège. — En
place, demander la légèreté sur les deux rênes
de filet. Lâcher le filet.
Demander la légèreté par les deux rênes de
bride. Lâcher la bride. Puis faire céder sur les
rênes de filet ou de bride employées isolément.
PREPARER (SUITE). q3
Rêne droite de filet. Rêne droite de bride. Rêne
gauche de filet. Rêne gauche de bride.
Dans ces etfets de rênes, tenir le poignet haut
pour relever le plus possible Tencolure du che-
val.
Marcher ensuite, mais en décomposant,
c'est-à-dire : demander la légèreté. Baisser la
main, fermer les jambes. Quand on a obtenu
un pas en avant, relâcher les jambes et arrêter
par la main seule. Redemander la légèreté.
Faire un nouveau pas en avant, et ainsi de
suite.
Se bien pénétrer que la main seule doit faire
céder la mâchoire, principe qui doit être consi-
déré comme ne comportant jamais d'exception,
au moins pendant la plus grande partie du
dressage.
Puis reculer. Pour ce mouvement comme
pour tout, commencer par avoir la légèreté, et
élever la main sans faire agir les jambes. Si l'on
sent que le poids s'oppose à l'obéissance à cette
indication, « forcer le mouvement >>, c'est-à-dire
arriver au reculer par une force énergique mais
progressive, habilement graduée jusqu'à ce que
l'on ait obtenu un pas en arrière. Alors laisser
94 DRESSAGE MÉTHODIQUE.
un instant le cheval en place. Redemander la
légèreté. Puis « forcer » encore le reculer; ar-
rêter, décontracter, et continuer ainsi en dimi-
nuant rintensité de l'action du mors jusqu^à ce
que le poids des rênes suffise pour obtenir la
marche rétrograde.
Passer ensuite aux pas de côté à droite et à
gauche.
Commencer par demander la légèreté. Puis
faire agir d'abord la jambe du côté j'ers lequel on
l'eut aller.
Cet effet doit toujours préeédi'r Faction de
l'autre jambe.
Il a pour résultat de placer Tarrière-main un
peu obliquement et d'empêcher les hanches de
devancer les épaules dans la marche de deux
pistes. C'est ainsi que l'on évite l'acculement.
Aussitôt que la jambe droite, par exemple, a
légèrement déplacé la croupe vers la gauche, la
jambe gauche se ferme un peu plus en arrière,
pendant que la main, empêchant l'impulsion de
s'échapper en avant, se porte vers la droite en
faisant prédominer Tettet de la rêne gauche.
Ne demander qu'un ou deux pas. Puis arrê-
ter. Rendre léger. Recommencer.
PREPARER (SUITE)
Ç)0
Alterner les pas de côté vers la droite et vers
la gauche.
Faire ensuite les pirouettes renversées, puis
les pirouettes ordinaires, en suivant la même
gradation, c'est-à-dire pas par pas et en réta-
blissant à chaque instant la légèreté.
Dans les pirouettes ordinaires la rêne oppo-
sée au côté vers lequel on va, doit contenir les
hanches par son appui, et remplacer le plus
possible la jambe du dehors.
£*5^feSs**:s?'3'
CHAPITRE II
AU PAS
E Cheval droit. — On passe ensuite au
travail au pas sur les pistes.
On doit s'eftbrcer dès le premier
jour de maintenir toujours le cheval droit
d'épaules et de hanches.
Cette recommandation est du reste applicable
à toutes les périodes du dressage.
Entretenir la Légèreté en décomposant d'abord,
puis sans arrêter. — Pour rétablir ou conserver
la légèreté en marchant au pas, il ne faut pas,
comme nous Tavons dit, faire agir en même
temps les jambes et la main. Voici comment on
doit procéder.
La main se met en contact avec la bouche.
PREPARER (SUITE). 97
Si à ce contact le cheval se montre léger en
mobilisant moelleusement sa mâchoire, la
main rend. Si elle rencontre au contraire des
résistances, on arrête. On les détruit par les
moyens connus et on redemande ensuite le
mouvement par les jambes en baissant les
poignets. Une fois le mouvement obtenu de
nouveau, si la vitesse ou Téquilibre s'altè-
rent, c'est aux jambes ou à la main, selon le
cas, mais agissant toujours isolément, à les ré-
tablir et à régler l'allure.
Pour aller vite en commençant, il faut tenir
les jambes à une petite distance des flancs au
moment où le mors agit, et ne rendre que suf-
fisamment pour ne plus sentir la bouche, dès
que les jambes sont employées. On peut ainsi
passer très rapidement d'une action de la main
à un etfet des jambes, et souvent on a besoin de
se servir successivement de l'une et de l'autre
à des intervalles très rapprochés. Le point es-
sentiel dans cette partie du dressage c'est de ne
pas opposer la main aux jambes, sauf dans le
cas où il est nécessaire d'en arriver à l'effet
d'ensemble sur l'éperon. Tout est là.
Pendant la marche, il faut laisser le cheval
gS DRESSAGE MÉTHODIQUE.
libre tant qu'on le peut. Alterner les mises en
main sur la bride et sur le filet.
Comme nous venons de le dire, il vaut mieux,
dans le commencement, décomposer, c'est-à-
dire arrêter pour rétablir Téquilibre quand il
y a lieu. Mais, plus tard, on doit arriver à re-
trouver la légèreté en restant au pas. Quand on
essaie de vaincre en marchant une résistance de
poids, se bien pénétrer de ce que le demi-arrèt,
pour rendre le cheval léger lorsqu'il pèse à la
main, n'est point une saccade. Il consiste à
passer rapidement, mais graduellement d'une
force minime à une force plus grande, et pro-
portionnée au degré de la résistance rencontrée.
De plus, il doit être dirigé de bas en haut, et non
d'avant en arrière.
N'en donner qu'un à la fois; puis revenir à
la demi-tension des rênes. C'est la preuve de
l'opération.
On recommence s'il est nécessaire.
Si, en sentant la bouche, on rencontre une ré-
sistance à l'action du mors et qu'on croie qu'elle
vient des forces seules, vibration légère, continue,
et pas plus forte à la fin qu'au commencement.
PRÉPARER {SUn^E). 99
Si la vibration n'amène aucun résultat, c'est
que, en outre de la résistance de force, le poids
est trop en avant. Alors demi-arrét,puis vibra-
tion; mais il est préférable, dans ce cas, de
décomposer, c'est-à-dire d'arrêter pour décon-
tracter plus vite.
Lorsqu'on agit avec une rêne isolée et qu'une
résistance se manifeste à l'action de cette rêne,
il vaut mieux donner sur l'autre rêne du même
mors le demi-arrêt ou la vibration.
Mais on peut aussi essayer de détruire une
résistance à une rêne isolée sans arrêter, en
faisant céder la croupe par la pression de la
jambe du même côté, ce qui, en portant les
hanches en dehors de la ligne des épaules, sup-
prime le point d'appui de la résistance.
Quand on veut rétablir la légèreté sans dé-
composer, il ne faut altérer en quoi que ce
soit l'allure du cheval. La force qui combat
les mauvaises contractions ne doit jamais
prendre sur celle qui entretient le mouve-
ment.
Dès que le cheval est léger, tout rendre en
étant attentif aux moindres fautes qu'il peut
commettre.
DRESSAGE METHODIQUE.
De la Descente de Main. — De temps en temps
arrêter; ajuster les rênes de bride; Tanimal
étant léger et ayant la tête placée, ouvrir la
main gauche et baisser la main droite qui tient
le bout des rênes nouées, jusqu'à Tencolure.
Dès que le cheval quitte sa position de tête,
le reprendre. C'est là la descente de main.
Essayer de la même façon des descentes de
main en marchant au pas. Mais quand l'ani-
mal est léger, mâche son mors, et qu'on lui a
tout rendu, ne pas permettre de déplacement de
tête ni d'affaissement d'encolure.
Reprendre le cheval dès qu'il s'abandonne,
dès qu'il baisse l'encolure ou qu'il augmente
son allure.
Il faut donc chercher dès le principe à le
laisser libre.
Mais il ne faut lui donner cette liberté qu'avec
l'équilibre, avec la légèreté. Qu'il apprenne de
bonne heure à se soutenir de lui-même, la tête
bien placée.
Ce n'est que quand l'éducation de l'animal
avance, qu'on peut arriver aux descentes com-
plètes de main et aussi de jambes.
PREPARER {SUITE}
Du Pas au Reculer.- — Passer très fréquemment
de la marche au pas au reculer. Dès que la
légèreté est bonne, repartir au pas. Reculer,
repartir, etc.
Tourners sur de petits Cercles par l'Appui de la
Rêne du dehors. — On aborde ensuite les tour-
ners sur les petits cercles par la rêne du dehors
(rêne contraire).
Voici comment il faut procéder.
Les rênes nouées (de bride ou de filet alter-
nativement) étant tenues dans une seule main,
cette main se porte du côté du tourner. La rêne
du dehors agit donc seule.
Si, à son action, la mâchoire reste liante, le
bout du nez du cheval se tournant légèrement
vers Textérieur du cercle, le poids de Tencolure
reflue du côté du dedans. Si alors les épaules
s'inclinent franchement et moelleusement vers
le centre de la circonférence, on rend aussitôt.
Si, au contraire, Tappui de la rêne du de-
hors rencontre une résistance, on la fait dis-
paraître par les moyens connus, et la rêne du
dedans agit en même temps discrètement pour
aider au tourner.
DRESSAGE METHODIQUE.
Le point essentiel, ce n'est pas une inclinai-
son très marquée de Fencolure, c'est la mobi-
lité de la mâchoire, en un mot la légèreté par-
faite.
Cependant le poids de Tavant-main doit être
porté vers le dedans du cercle afin de charger
davantage Tépaule intérieure et de laisser une
liberté d'action plus grande à l'autre épaule qui
a plus de chemin à parcourir. Mais au fur et à
mesure qu'avance le dressage, le bout du nez
du cheval doit se tourner de moins en moins
vers le dehors. On peut même arriver à obte-
nir le changement de direction par la rêne
extérieure avec un léger pli de l'encolure vers
le dedans.
Dans les commencements on demande les
tourners, la tête haute et plus ou moins hori-
zontale. Mais, dès que l'éducation du cheval
avance, il faut les exécuter au ramener.
On les prépare alors en demandant de pied
ferme l'inclinaison du poids de l'encolure vers
la droite ou vers la gauche par l'appui de la
rêne du côté opposé.
Cet appui se produit en élevant le poignet et
en le portant légèrement en arrière dans la
PREPARER {SUITE). io3
direction du bipède diagonal correspondant à
la rêne agissante.
Tourners par la Rêne du dedans. — Entremêler
ces tourners sur de petits cercles parla rêne du
dehors, de tourners par la rêne du dedans qui
doit aussi provoquer la décontraction de la
mâchoire, en même temps qu'elle donne la
direction. Continuer Faction douce de cette
rêne jusqu'à la cession.
Serpentine. — On exécute ensuite la serpen-
tine.
Pour qu'elle soit bien faite, il faut tourner
très court en arrivant à la piste, et marcher
ensuite parfaitement droit et perpendiculaire-
ment sur l'autre mur.
La serpentine s'exécute par la rêne du dehors
ou par celle du dedans (rêne directe), mais il
faut surtout travailler ce mouvement par celle
du dehors (rêne contraire).
Changements de Main de deux Pistes. — Pour
arriver à exécuter le changement de main de
deux pistes, on commence par demander seu-
104 DRESSAGE .METHODIQUE.
Icment un ou deux pas de coté en arrivant au
mur opposé ; on en exige ensuite trois ou quatre.
Puis on tient les hanches depuis la ligne du
milieu et enfin d'un mur à Tautre.
Dans les pas de côté, les deux jambes peuvent
et doivent même être employées en même
temps. Ces deux actions ne se contredisent pas,
puisque Tune pousse vers un côté et Tautre en
avant; mais il faut toujours que Tune soit un
peu plus en arrière que Tautre.
Pas de côté, la Tête, puis la Croupe au Mur. —
Etant sur la piste, demander le mouvement de
la tète au mur. Dès que la mâchoire se raidit,
arrêter dans la position oblique; décontracter
et repartir. Le moins de jambes et de main
possible.
Procéder de même pour la croupe au mur.
Aller lentement. Décontracter souvent.
Alterner ces mouvements.
Dans les pas de côté, la rêne opposée (la
rêne d'appuij doit remplacer le plus possible
la jambe du même côté.
Dès que le mouvement se dessine, se passer
de jambes et de main autant qu'on le peut.
PREPARI:R (SUITE). io5
Après la tête au mur ou la croupe au mur,
redresser toujours avant de demander Texer-
cice opposé. On remet ainsi le cheval dans son
équilibre, on le rend léger, et l'on n'a plus alors
qu'une force à vaincre pour exécuter le mou-
ment inverse.
Dans la marche de deux pistes, si Ton ren-
contre de la résistance à l'appui d'une rêne, au
lieu de marquer une action un peu forte et fixe
comme cela se pratique ordinairement, rem-
placer cette action par un demi-arrêt, un
deuxième, un troisième, etc., si c'est néces-
saire.
En passant de la croupe au mur à la tête au
mur, ou inversement, et en redressant un che-
val, empêcher l'avant- main d'avancer avant
que la nouvelle position soit donnée.
Dans le mouvement de la tête au mur, quand
on passe un coin de gauche à droite, par
exemple, la jambe droite doit ralentir légère-
ment la croupe pour laisser le temps aux
épaules de faire leur plus grand arc de cercle
en accélérant un peu leur marche.
Dans la tête et la croupe au mur, les jambes
14
io6 DRESSAGE METHODIQUE.
ne doivent donner que Vactiou et la main la
position.
De plus, de même que la main ne doit pas
agir d'une façon continue, les jambes ne doi-
vent rester aux flancs que tant que cela est né-
cessaire ; en un mot, leur effet doit être, non pas
fixe, mais intermittent.
Petits Contre-changements de Main de deux
Pistes. — p]tant sur la piste, appuyer de deux
pas en dedans ; marcher droit deux pas ; appuyer
de deux pas en dehors pour reprendre la piste,
et ainsi de suite.
Répéter ce travail en traversant le manège
dans sa longueur.
Pirouettes ordinaires et renversées. — Les pi-
rouettes ordinaires ou renversées se commen-
cent en les décomposant.
Demander un pas de pirouette. Arrêter.
Rendre léger. Demander un autre pas, arrêter
et ainsi de suite.
Les exécuter ensuite deux pas par deux pas.
Puis par quart de pirouette et enfin par demi-
pirouette.
PREPARER [SUITE]
Ne pas employer en même temps la main et
les jambes.
Tâcher de faire les pirouettes ordinaires par
la main seule.
Dans les pirouettes renversées, que la jambe
du dehors agisse seule, c'est-à-dire sans être
aidée par les rênes. Si le cheval se porte sur la
main, demi-arrêt, sans jambe, sur la rêne où
cela est nécessaire, mais principalement sur
celle du dedans. Continuer ainsi le mouvement.
S'il y a acculement, jambe du dedans, sans
main bien entendu.
Quand le cheval exécute bien la pirouette
ordinaire, et qu'on demande ce mouvement, il
faut, aussitôt la pirouette indiquée par la main
et commencée, lâcher les rênes. L'animal doit
arriver à la terminer seul.
Pour exécuter ensuite la pirouette ordinaire
en marchant, comme il faut que la croupe se
fixe, on doit arrêter les membres postérieurs
par un demi-arrêt marqué principalement sur
la rêne du dehors. La main se porte immédia-
tement après vers le dedans pour donner la di-
rection aux membres antérieurs qui ont à pivo-
ter autour des premiers.
io8 DRESSAGE METHODIQUE.
Aussitôt la direction donnée, descente de
main. Le mouvement doit se finir de lui-même.
Prendre bien garde à Tacculement dans les
pirouettes ordinaires.
Voltes et Demi-voltes ordinaires et renversées,
de deux Pistes. — Procéder pour ces deux mou-
vements comme pour les pirouettes, c'est-à-
dire en décomposant. Ne demander la volte
qu'après avoir obtenu la demi-volte et n'arri-
vera lademi-volte sans arrêter qu'après l'avoir
exécutée pas par pas, puis deux pas par deux
pas, en arrêtant et en rétablissant la légèreté
après chaque demande nouvelle.
Dans le travail des demi-voltes ordinaires et
renversées^ le point important est que le cheval
n'avance pas à la fin du mouvement. Qu'il ar-
rive parallèlement à la piste et qu'on l'y arrête
sans qu'il ait gagné de terrain en avant. C'est
ce qui indique que le poids est en équilibre,
qu'il n'est pas trop sur les épaules.
Reculer prolongé sur les Pistes. — On doit en-
trecouper tout le travail au pas de reculer sou-
vent demandé. Quand il s'obtient régulier et
PREPARER (SUITE]
facile, prolonger longtemps de suite ce mouve-
ment sur les pistes, en alternant les effets de
bride et de filet, sans que le cheval s'arrête ou
modifie sa cadence.
Foule. — Cet exercice consiste à tourner
très court et dans tous les sens au milieu du
manège en évitant de reprendre les pistes et
sans s'arrêter.
Quand on Texécute plusieurs cavaliers à la
fois, il faut que chacun d'eux s'attache à ne ja-
mais marcher dans la même direction que son
voisin.
La main seule agit par l'appui de la rêne du
dehors. Dès que la mâchoire est liante, rendre.
Si la résistance se prolonge, la vaincre en
marchant, par les procédés connus.
Au besoin décomposer en arrêtant pour dé-
contracter.
On essaie des descentes de main toutes les
fois que la direction est donnée et que la légè-
reté est bonne.
Chercher ensuite, en laissant le plus possible
les rênes sur le cou, à faire la foule avec les
jambes seules, La main arrive quand cela est
DRESSAGE METHODIQUE.
nécessaire, mais alors les jambes se relâchent.
C'est celle du dedans qui doit produire le
tourner.
On fait ensuite la foule en exécutant tous les
airs de manège de deux pistes les uns après les
autres et indistinctement.
Si plusieurs cavaliers se livrent en même
temps à cet exercice, on doit faire attention à
ce que jamais deux chevaux voisins ne fassent
la même figure.
Enfin on exécute la foule en remplaçant les
tourners par des pirouettes ordinaires ou en les
entremêlant; que le cheval ne ralentisse pas
trop son allure au moment de Tarrèt pour la
pirouette. On la commence dès que les membres
postérieurs se fixent.
Manière d'arriver au Ramener. — Le point im-
portant — de pied ferme surtout, mais égale-
ment en marche — c'est d'obtenir d'abord la
légèreté le cheval ayant la tête élevée. Le ra-
mener vient plus tard par suite du liant de la
mâchoire. Mais il faut toujours que la mâ-
choire cède d'abord, l'encolure étant très haute
et sans que la tète fasse aucun mouvement.
PREPARER (SUITE)
Rester très longtemps sur les exercices qui
précèdent. Ne passer outre que lorsqu'ils s'exé-
cutent parfaitement.
« Aller très lentement pour mener le dres-
sage rapidement. )i
Cette recommandation de demander d'abord
la légèreté, l'encolure étant très soutenue, s'ap-
plique à la bride comme au filet. On décon-
tracte la mâchoire, la tète étant haute et souvent
presque horizontale. Ce n'est qu'alors qu'on
doit lui permettre de se rapprocher de la per-
pendiculaire. Mais avec un cheval ainsi pré-
paré le ramener se produit vite et devient bien-
tôt facile à maintenir.
On ne doit prendre le trot que lorsque tout
le travail du pas se fait bien régulièrement avec
la légèreté, l'encolure soutenue, et la tète placée.
CHAPITRE III
AU PETIT TROT
É PÉTER au petit Trot tout le Travail exé-
cuté au Pas. — Le cheval étant bien
léger au pas, le mettre au petit trot
par les jambes, la main s'abaissant. Puis sentir
la bouche. Si la légèreté a disparu, arrêter,
décontracter, puis reprendre le pas et ensuite
le petit trot.
Il faut dans le commencement décomposera
l'infini les mouvements, surtout avec des che-
vaux dont les allures sont détraquées.
Dès qu'on sent Féquilibre compromis, dès
que la cadence perd de sa régularité, arrêter,
décontracter, rendre léger. Puis redemander le
mouvement. Porter la plus grande attention
aux départs au pas et au trot. Que Tallure
PREPARER {SUITE). n3
soit, dès sa naissance, bien juste, bien réglée.
Au trot comme au pas, laisser le plus pos-
sible le cheval libre dès qu'il est léger, c'est-à-
dire en équilibre, et qu'il fait bien ce qu'on lui
a demandé. « Qu'il croie qu'il est son maître :
c'est alors qu'il est notre esclave. »
Répéter au trot tout le travail exécuté au pas.
Mêmes recommandations pour les cercles et
pour tous les exercices.
Quand on demande un nouveau mouvement
quelconque de deux pistes, il faut le commen-
cer au pas, puis prendre le trot pendant une
foulée ou deux dans la position oblique, puis
reprendre le pas tout en restant de deux pistes
et ainsi de suite, en augmentant toujours le
nombre des foulées de trot.
Mettre une grande progression dans ses exi-
gences.
Partir de Pied ferme au petit Trot. Arrêter en
marchant au Trot. — Partir ensuite de pied ferme
au petit trot. Arrêter; repartir au petit trot.
Essayer souvent des descentes de main,
même dans les pas de côté.
i5
114 DRESSAGE METHODIQUE.
Après tout mouvement oblique, ne pas ou-
blier de redresser toujours le cheval avant de
demander le mouvement inverse.
Dans le travail en marche au trot, dès qu'on
essaie de rétablir Téquilibre sans arrêter, éviter
avant tout les saccades. Bien sentir la bouche
avant de donner un demi-arrét, par exemple.
Toute action brusc[ue rendrait Tanimal incer-
tain dans ses allures.
A la fin des demi-vohes ordinaires ou ren-
versées en tenant les hanches, apporter comme
au pas une grande attention à ce que le cheval
n'ûj'ancepas en arrivant sur la piste.
De même, si dans les mouvements obliques
il y a de la résistance à Tappui d'une rêne, rem-
placer Faction fixe sur cette rêne par un ou plu-
sieurs demi-arrêts successifs, si cela est néces-
saire.
Se servir souvent des deux jambes en même
temps dans les pas de côté.
Se rappeler que celle du dedans, du côté vers
lequel on va, pousse surtout en avant et sert
ainsi à éviter Tacculement.
Quand la foule se fait bien, essayer d'obtenir
dans cet exercice les tourners par la jambe du
PREPARER (SUITE).
dedans, les rênes restant sur le cou ou tout
au moins n'agissant pas, tant que l'allure ne
se précipite pas.
S'efforcer plus que jamais de maintenir tou-
jours le cheval bien droit.
Passer du petit Trot au Reculer. — Entremêler
tout le travail de reculer demandé, le cheval
marchant au petit trot.
Pour cela, l'allure étant bien cadencée, et le
cheval léger, arrêter par un effet de main ra-
pide, énergique mais moelleux et savamment
gradué, de façon à produire la marche rétro-
grade <3î/^5//d/ le mouvement en avant enrayé et
sans temps d'arrêt appréciable sur place.
Foule en arrière. — Puis quand le reculer se
continue de lui-même pendant la descente de
main, arriver à faire la foule en arrière, c'est-à-
dire exécuter par les jambes agissant isolément,
mais sans l'aide de la main, des tourners en
arrière dans tous les sens.
Pour que ce travail soit tout à fait régulier,
il faut que les rênes restent sur le cou. Les
ii6 DRESSAGE METHODIQUE.
changements de direction doivent être produits
par la jambe du côté du tourner.
Il est bien entendu que dans les commence-
ments l'action de la main arrive toutes les fois
que cela est nécessaire pour aider à faire com-
prendre à l'animal ce que Ton demande. Pen-
dant qu'elle agit, on relâche les jambes.
Comment on doit élever l'Encolure. — Dans
toute cette première partie du dressage on doit
chercher à élever le plus possible l'encolure.
C'est sur le poids qu'on agit en demandant cette
élévation; mais il faut qu'en le reportant en
arrière, la force qui donne le mouvement ne soit
aucunement diminuée; il faut par contre, en don-
nant l'action, en produisant la force qui pousse,
que cette même force n'entraîne dans le sens du
mouvement que la petite quantité de poids né-
cessaire au mouvement, et que l'équilibre n'en
soit pas altéré, c'est-à-dire que les translations
du poids demeurent également faciles dans tous
les sens, après comme avant le mouvement ob-
tenu.
Quand un cheval a une forte tendance à
affaisser son encolure, on doit tenir les poignets
PREPARER {SUITE).
très hauts, au-dessus des oreilles, s'il est néces-
saire, jusqu'à ce que la mâchoire ait cédé moel-
leusement dans cette position. On rend alors,
mais on reprend, dès que la tète s'abaisse, en
ayant constamment les mains très élevées pour
empêcher l'animal de s'enterrer.
Il faut avec un pareil cheval rester très long-
temps sur le travail en place et aux allures rac-
courcies, et ne prendre les rênes de bricie que
quand on a obtenu une élévation constante et
très facile sur le filet.
Une fois le poids en équilibre, une fois l'en-
colure élevée et soutenue, on détruit les résis-
tances de forces quand il y a lieu; et alors la
tête liante, abandonnée à elle-même, se place à
sa position la plus commode.
On arrive ensuite au Ramener. — C'est ensuite
à la main agissant seule toujours, c'est-à-dire
sans l'opposer à une action simultanée des deux
jambes, et bien entendu sans prendre sur le
mouvement, sans altérer la vitesse de l'allure,
à obtenir graduellement le ramener en com-
mençant par des effets de rênes isolées d'abord,
ii8 DRESSAGE METHODIQUE.
puis entre-croisées (rêne de filet d'un côté,
rêne de bride opposée), pour finir par l'emploi
simultané des deux rênes de bride ou des deux
rênes de filet; tout le travail au petit trot se
répète ainsi successivement avec des exigences
de plus en plus grandes et de plus en plus sou-
tenues de la part du cavalier.
Quand on cherche à rapprocher la tête de la
perpendiculaire en employant chaque rêne tour
à tour isolément, on obtient souvent aussi de
prompts résultats par le procédé suivant :
Dès que la rêne tenue un peu courte rencon-
tre une résistance, faire céder cette résistance
sans modifier Tallure, en déplaçant légèrement
la croupe par une pression de la jambe du
même côté.
On continue ledit effet latéral (rêne et jambe
droites, ou rêne et jambe gauches) qui rejette
Tarrière-main un peu en dehors de la ligne des
épaules, jusqu'à ce que la décontraction de la
mâchoire se soit produite, bientôt suivie du
rapprochement de la tête de la perpendicu-
laire.
II est à remarquer que l'action d'une rêne et
celle de la jambe du même côté s'entr'aident
PREPARER [SUITE). 119
mutuellement au lieu de se faire opposition ré-
ciproquement, ainsi que cela se produit dans
Teftet diagonal.
Des Effets diagonaux. — C'est pour cette raison
que les effets diagonaux, inapplicables du reste
aux allures rapides, doivent être évités. Ils se
composent de deux forces opposées dont Tune
pousse dans un sens et Tautre retient dans le
sens diamétralement opposé. Ces forces s'an-
nulent donc, ou tout au moins se nuisent entre
elles si elles ne sont pas égales. Elles ont sou-
vent pour résultat de provoquer Tanimal à ré-
sister à leur double contrainte, c'est-à-dire
qu'elles le portent à contracter à tort certaines
de ses parties. De plus, Teffet diagonal arrête
plus ou moins le jeu de l'épaule du côté de la
rêne qui sert à le produire, et il ploie le cheval
qui prend alors de plus en plus l'habitude de se
placer de travers aux diverses allures.
^-^Â
u^
CHAPITRE IV
DU RASSEMBLER
VANT de commencer le rassembler à
cheval, il faut que le ramener soit
complet, c'est-à-dire que Tanimal con-
scr\ c bien sa légèreté au pas avec la tète per-
pendiculaire, sur les jambes fermées d'abord
énergiquement, puis sur un appui progressif
des éperons poussé jusqu'à une grande puis-
sance, la main faisant opposition, bien entendu.
Il faut aussi que « le passage des forces en
avant », qui fait partir le cheval du pas au trot,
soit facile sur l'éperon, la légèreté demeurant
inaltérée.
Lorsque le dressage en est arrivé à ce point,
on peut entreprendre le rassembler parce que,
si les effets produits pour l'obtenir détruisent
PRP:PARER (SUITE)
plus ou moins le ramener, il est toujours facile
de le rétablir avec ou même sans l'aide de
Féperon.
Manière de demander le Rassembler. — Pour
demander le rassembler, se mettre d'abord sur
la piste. Etant arrêté, placer son cheval bien
droit et le rendre léger; puis vibration alternée
des deux jambes, en retenant doucement de la
main. Dès qu'il y a un peu de mobilité des ex-
trémités, rendre, caresser, et laisser l'animal au
repos. Très peu d'exigences d'abord.
Si l'on a, dans le principe, de la difficulté à
faire comprendre au cheval ce qu'on lui de-
mande, s'aider de temps à autre de la cravache
qui agit alors, comme à pied, sur l'un des flancs
ou sur le dessus de la croupe.
Redemander la légèreté pendant l'immobilité.
Recommencer souvent à chaque main. Avoir
soin de marcher un pas ou deux après chaque
temps de rassembler.
Pendant tout ce travail, ne pas négliger de re-
dresser le cheval dès qu'il se traverse, et ne cher-
cher la mobilité des appuis, qu'une fois l'ani-
mal bien droit et léger. Avancer toujours un peu
dans le rassembler, afin d'éviter l'acculement.
iG
DRESSAGE METHODIQUE.
S'il se produit des « sauts de pie », ce qui con-
stitue une défense, les réprimer immédiatement
par des demi-arrêts donnés avec tact. Dès qu'il
y a mobilité calme et légèreté, tout rendre et
caresser. Mais ne jamais demander le rassem-
bler avant que la légèreté soit parfaite.
Tant que le cheval reste léger, toute défense
lui est impossible. En effet, pour qu'il se défende
il faut qu'il raidisse une de ses parties, et la rai-
deur de cette partie se traduit par celle de la
mâchoire. Dès qu'on peut forcer Tanimal à
conserver sa légèreté de bouche, on Tempêche
donc de résister, c'est-à-dire de se défendre.
Lorsque, après le rassembler, on arrête par
un effet d'ensemble, il est préférable que les
jambes du cheval ne restent pas engagées sous
la masse. L'effet d'ensemble doit rétablir le ra-
mener et redonner à l'animal ses lignes nor-
males d'aplomb.
TROISIEME PARTIE
ASSEMBLER
TROISIÈME PARTIE
ASSEMBLER
CHAPITRE PREMIER
DEPARTS ET TRAVAIL AU GALOP
UAND le rassembler à pied est de-
venu très facile, quand le ramener
est bien iixe au pas et au petit trot,
et enfin quand on obtient à cheval
des commencements de rassembler, c'est le
moment d'essayer les départs au galop.
Il y a plusieurs manières de faire partir un
cheval du pas au galop.
Des principales Manières de demander le Galop.
126 DRESSAGE METHODIQUE.
— Quand on a affaire à un animal qui n'est nul-
lement familiarisé avec cette allure, il n'y a pas
lieu de chercher, tout d'abord, à le rassembler.
On doit le pousser sur la main comme si Ton
voulait prendre le trot. Alors les poignets se
portent à gauche pour le départ à droite par
exemple, la rêne gauche étant tenue plus courte
que la droite, et les deux jambes se ferment avec
une force à peu près égale, la gauche plus en
arrière.
Le galop produit, dès qu'on a une apparence
de légèreté, récompenser.
Après une dizaine de foulées, passer au pas.
Recommencer plusieurs fois à chaque main.
Au moment où l'on donne la position pour
le galop, si l'on sent que les contractions de l'a-
nimal vont produire un faux départ, il faut em-
pêcher le mouvement de s'achever, reprendre
le pas, et recommencer à placer.
Il faut tâcher de sentir que l'animal va prendre
une position défectueuse.
Si l'on agit après que cette position défec-
tueuse est déjà prise, c'est mauvais. C'est encore
plus mauvais si l'on n'arrête l'animal que lors-
que l'enlever au galop s'est produit.
ASSEMBLER.
Si l'on constate, en se servant du filet, que
(( les forces s'éloignent trop », c'est-à-dire que
la tête est trop en avant et que les jarrets ne res-
tent pas assez engagés, sont trop loin du centre,
prendre la bride seule, mais revenir ensuite de
temps en temps au filet.
Dès que les départs ainsi demandés devien-
nent faciles, employer les moyens suivants pour
mettre son cheval au galop.
L'animal marchant au pas, sur la piste, et
étant léger, commencer par approcher les jambes
en faisant primer celles du dedans. Puis, aussitôt
que l'action est ainsi augmentée par les jambes,
porter la main vers le dehors pour donner la
position qui, elle, engendre le mouvement.
Bien soigner ces départs.
Pour le galop à droite, par exemple, chercher
d'abord la légèreté par la rêne droite; puis, l'im-
pulsion étant suffisante, élever la main vers la
gauche en la rapprochant du corps.
L'action doit être donnée presque exclusive-
ment avec la jambe du dedans, afin de mainte-
nir le cheval droit, en empêchant la croupe de
venir du coté opposé à celui où se porte la main.
128 DRESSAGE METHODIQUE.
Une fois le galop produit, à chaque descente
de Tavant-main, demi-arrét pour cadencer Tal-
lure qui doit, dès le départ, être réglée comme
un balancier d'horloge.
Tant qu'on reste au galop, changer souvent
de rênes, une seule main tenant le lilet, puis la
bride, puis le filet. Pendant ces changements de
rênes, Tallure ne doit pas varier.
Si la vitesse augmente, décomposer. C'est-à-
dire arrêter court, décontracter, puis repartir.
Départs à faux. — Demander ensuite des dé-
parts à faux.
Pour cela, porter en marchant au pas les
épaules du cheval vers le dedans, de manière à
lui faire prendre le degré d'obliquité d'un quart
de '( croupe au mur », et partir au galop dans
cette position par les mêmes moyens que ci-
dessus, mais en se servant d'abord des aides
opposées (rêne et jambe droites pour le départ
à gauche en étant à main droite).
Faire ainsi quatre pas de galop et passer au
pas ; rétablir la légèreté, repartir, etc.
Mais arriver le plus tôt possible à obtenir les
départs à faux par la rêne et la jambe du côté
ASSEMBLER. 129
du mur agissant comme aides principales.
Alterner ensuite avec des départs sur le pied
du dedans.
Dans tout le travail au galop, s'efforcer plus
e]ue jamais de maintenir le cheval absolument
droit et léger.
Moyen de redresser un Cheval. — En commen-
çant, dès que l'animal se traverse plus ou moins,
dès qu'une résistance à la main se manifeste,
décomposer, c'est-à-dire arrêter, redresser,
rendre léger et repartir.
Plus tard, lorsqu'on peut déjà essayer de
combattre les résistances sans arrêter, on doit
redresser son cheval par le procédé suivant :
s'il avance la croupe à droite dans le galop à
droite par exemple, il faut, lorsque sa mâchoire
est liante et moelleuse, appuyer légèrement la
rêne gauche sur l'encolure, de manière à rejeter
le poids de Tavant-main sur l'épaule droite, ce
qui a pour conséquence de faire plus ou moins
déborder les hanches à gauche et d'amener le
bout du nez de ce même côté.
En un mot, on corrige un pli en donnant à
l'animal, par un délicat effet de main, le pli in-
i3o DRESSAGE METHODIQUE.
verse. Mais il faut éviter de se servir pour cela
des jambes.
Pour rétablir la légèreté en marchant au
galop, n'altérer en quoi que ce soit Tallure du
cheval en combattant les résistances.
Chercher toujours à élever le plus possible
l'encolure en agissant sur le poids, mais sans
jamais prendre sur la force nécessaire au mou-
vement.
Décontracter la mâchoire et laisser la tète
se rapprocher insensiblement de la perpendi-
culaire.
Descentes de Main. — Dès que Ton a une belle
légèreté au galop, essayer des descentes de
main et les répéter souvent.
S'efforcer du reste, dans tout le travail à cette
allure, d'employer le moins de main et le moins
de jambes possible.
Reculer. — Passer fréquemment du galop au
reculer par un etiet d'élévation des poignets,
sans jambes, effet qui doit être plus que jamais
ASSEMBLER. i3i
savamment gradue tout en étant un peu éner-
gique.
Repartir au galop aussitôt l'arrêt après le
reculer.
Petits Cercles. — Le cheval étant bien léger,
décrire des cercles de petits diamètres en fai-
sant agir par appui la rêne du dehors pour
charger Tépaule du dedans, ce qui amène dans
le principe le bout du nez légèrement en dehors
et « fait tomber » Tavant-main vers le centre
du cercle.
Galop de deux Pistes. — Passer au galop de
deux pistes.
Commencer par la tète et la croupe au mur.
Pour ce mouvement, tenir d'abord ses rênes
courtes dans une seule main (bride ou filet).
Le cheval marchant obliquement au pas,
demander seulement quelques foulées de galop
de deux pistes et reprendre le pas.
A chaque poser de l'avant-main dans le galop
sur les hanches, demi-arrêt accentué de bas en
haut, sans avancer la main, pour enlever le
cheval et cadencer Tallure. La main doit s'éle-
j32 dressage METHODIQUE.
ver chaque fois que les membres de devant
touchent terre, et s'abaisser ensuite plus rapi-
dement qu'elle ne s'est élevée. Le mouvement
du poignet doit être bien rythmé.
Il faut faire agir davantage la rêne et la jambe
du dehors pour pousser le cheval par deux
forces du même côté.
Les déplacements de la main doivent être peu
apparents.
Si le cheval avance dans la croupe au mur,
c'est qu'il y a trop de poids sur le devant; le
relever à chaque descente de l'avant-main par
un demi-arrêt énergique.
En restant la croupe au mur et sans redresser,
galop sur les hanches vers la droite et vers la
gauche.
Dans tous ces mouvements de deux pistes au
galop, arrêter souvent, décontracter, puis re-
partir, etc.
Pour obtenir et ensuite entretenir ce galop,
la main et les jambes ne doivent pas agir tout
à fait en même temps. La main place, cesse
son effet; les jambes donnent l'action, se
relâchent; puis la main enlève l'avant-main,
même avec une assez grande force, si c'est né-
ASSEMBLER. i33
cessaire, attendu qu"il s'agit alors de reporter
sur le derrière le poids qui surcharge Tavant-
main.
Puis elle s'abaisse de nouveau. Puis les
jambes arrivent si l'action s'éteint, etc.
Si les jambes et la main agissaient simulta-
nément, leur effet tendrait à s'annuler réci-
proquement et produirait des contractions.
Changement de Main diagonal.— Pour arriver
à changer de main diagonalement au galop de
deux pistes, commencer le mouvement au pas;
puis faire deux ou trois foulées de galop de
deux pistes; passer au pas en tenant toujours
les hanches; repartir au galop, reprendre le
pas, etc.
Puis, en augmentant le nombre des foulées
de galop, essayer enfin le changement de main
diagonal à cette allure sans passer au pas.
Tâcher le plus tôt possible, dans ces mouve-
ments de deux pistes, de faire un ou deux pas
avec descente de main.
Ne pas oublier que dans le galop de deux
pistes comme dans tout mouvement sur les
hanches aux autres allures, les deux jambes
i?4 DRESSAGE METHODIQUE.
peuvent et doivent être le plus souvent em-
ployées en même temps; Tune pousse en avant
et Tautre de côté. Cette dernière se place un
peu plus en arrière que l'autre.
Mais quand le dressage avance, la main doit
presque tout faire ; la rêne du dehors surtout.
Bien s'efforcer de distinguer ce qui fait dé-
faut : si c'est Faction ou la position.
Diminuer de plus en plus la force des aides
employées.
S'il y a de la résistance à Tappui d'une rêne,
ne pas insister sur une action fixe. La rem-
placer aussitôt par un demi-arrêt suivi d'un
second, d'un troisième, etc.
Traverser ensuite le manège au galop de deux
pistes, dans une direction perpendiculaire aux
grands côtés, en maintenant son cheval bien
parallèle à ces mêmes grands côtés et sans
avancer d'une ligne.
Décomposer au besoin ce mouvement en ar-
rêtant pour rétablir la légèreté.
Demi-voltes de deux Pistes au Galop. — Puis
commencer une demi-volte ordinaire de deux
ASSEMBLER. i35
pistes au pas. La terminer par quelques pas de
galop.
Même gradation pour la demi-volte ren-
versée.
Arriver à exécuter entièrement ces demi-
voltes au galop.
Pirouettes au Galop. — Pour préparer à la
pirouette au galop, exécuter de petites demi-
voltes ordinaires de deux pistes, commencées
au pas, et finies au galop.
Les répéter souvent à la même place en re-
venant au point de départ par le mouvement
inverse.
Dans ce travail, s'attacher à ce que le cheval
n'avance pas; mais éviter cependant tout prin-
cipe d'acculement.
Enfin passer à la pirouette ordinaire.
Commencer de même au pas et terminer par
un ou deux enlever s au galop. On arrive ainsi
à faire la demi-pirouette tout entière au galop.
Dans ce mouvement le cheval doit être bien
droit.
Dès qu'on peut l'exécuter entièrement au
galop, le moins de jambes possible. Si l'on s'en
i36 DRESSAGE METHODIQUE.
sert trop, on arrive au désordre, au trépigne-
ment; Tenlever ne se produit plus.
Volte au Galop. — Pour la volte, en com-
mencer une de deux pistes au pas au milieu du
manège, puis faire une foulée de galop; puis
passer au pas; puis deux foulées de galop, et
ainsi de suite jusqu'à ce que la volte entière se
fasse au galop sur les hanches.
Dans le travail au galop de deux pistes, il
arrive un moment où la rêne du côté où Ton
va est trop puissante et laisse la croupe en ar-
rière. Alors il faut s'en servir le moins pos-
sible et employer la rêne du dehors par appui
sur l'encolure. Mais cet appui doit être délicat.
Le cheval est ainsi poussé du côté où Ton veut
marcher. Cette action a, de plus, l'avantage de
faire une légère opposition à la croupe, qui
sans cela resterait un peu en retard.
Départ au Galop par la Main, sans Jambes. —
Il faut en arriver à mettre son cheval au galop
par un effet de main sans se servir des jambes.
Pour cela, en marchant au pas, à main droite,
par exemple, porter la main qui tient les rênes
ASSEMBLER. 137
nouées (que ce soit la bride ou le filet) vers la
gauche, et un peu en arrière, en donnant un
léger demi-arrêt. Si le cheval se ralentit, rendre
la main; pousser en avant par les jambes, et
recommencer ensuite le même etfet de rênes;
deux, trois, quatre petits demi-arrêts, s'il est
nécessaire, jusqu'à ce que Tenlever au galop se
produise. Mais, dès que l'allure du pas se ra-
lentit, cesser toute action de la main et pousser
en avant. Donner les demi-arrêts un peu plus
forts s'ily a beaucoup de poids à déplacer pour
alléger suffisamment le devant.
. Aussitôt l'enlever obtenu, la main doit tout
lâcher, se tenant prête à reprendre les rênes si
besoin est. C'est le seul moyen de voir quel a
été l'effet produit, quel est le degré de l'équi-
libre, s'il n'y a pas trop de poids en avant, etc.
Il faut mettre beaucoup de finesse dans ces
actions de main.
Ce travail, très délicat, est extrêmement im-
portant. Il apprend à agir sur le poids sans
prendre sur la force qui pousse; car tant que
les demi-arrêts combattent seulement le poids,
ils ne diminuent pas l'impulsion, mais, dès
qu'ils agissent sur la force, ils ralentissent ou
18
i38 DRESSAGE METHODIQUE.
même arrêtent. On doit en résumé chercher à
enleper le cheval sans diminuer sa vitesse.
Rester sur les départs ainsi demandés, jus-
qu'à ce que Tanimal les ait compris et les donne
facilement; ne pas se presser; avoir surtout
beaucoup de calme et de persévérance.
Le premier départ est souvent long à obtenir.
Dès qu'on a réussi, recommencer jusqu'à
ce que le cheval parte facilement aux deux
mains.
Puis exécuter ce travail au milieu du ma-
nège. Toujours pas de jambes quand la main
agit; mais, dès e]u'ily a ralentissement, pousser
ferme; Téperon au besoin.
On doit ensuite en arriver à passer du recu-
ler au galop sans s'aider des jambes, par le
même effet de main employé pour enlever son
cheval à cette allure en marchant au pas.
Ce travail donne d'excellents résultats c[uand
on le pratique comme il suit :
Étant arrêté le dos tourné à un grand côté du
manège, reculer jusqu'au mur.
Puis partir au galop jusqu'à la piste opposée.
Reculer de nouveau. Repartir au galop, et ainsi
de suite.
ASSEMBLER. i3(,
Galop de deux Pistes, sans Jambes. — Puis on
répète tout le travail du galop sur les hanches
en cherchant à Texécuter sans se servir des
jambes.
Pour la bonne exécution des mouvements de
deux pistes à cette allure, il faut, dans le prin-
cipe, faire précéder Vacùon de la jambe du côté
vers lequel on veut oblic[uer. C'est pour éviter
Tacculement, pour entretenir ou donner Tim-
pulsion. Mais lorsque le cheval conserve faci-
lement son équilibre, s'il a un degré d'action
suffisant, on doit s'en passer. On doit de
même se passer de l'autre dès qu'elle a indiqué
la direction, dans les pas de côté, la tète au
mur, la croupe au mur, etc. •
Enfin le cheval marchant au pas et de deux
pistes, demander par des demi-arréts, sans
s'aider des jambes, l'enlever au galop sur les
hanches. Se contenter d'abord d'un pas ou
deux. Il est entendu que dès que l'action dimi-
nue ou cesse, la main rend tout, n'agit plus, et
que les jambes redonnent l'impulsion.
La main ensuite recommence à demander
l'enlever au galop.
Pour obtenir cet enlever au galop, les demi-
DRESSAGE METHODIQUE.
arrêts se donnent sur Tune ou Tautre rêne selon
le cas, ou bien sur les deux à la fois.
Ainsi, si c'est le devant qui est chargé de
poids, qui paraît lourd, la rêne du côté où Ton
va doit agir principalement ou même seule.
Si c'est le derrière qui reste en retard sur
Tavant-main, c'est l'autre rêne qui doit donner
les demi-arrêts pour chasser les hanches par
une opposition. C'est une question de tact.
S'attacher à ce que ces effets de main soient
bien des demi-arrêts et non des saccades.
Demander ainsi des enlevers au galop de
deux pistes en changeant de main diagonale-
ment, dans le mouvement de la tête ou de la
croupe au mur, etc.
Ne faire agir la main que quand l'action se
soutient bien au pas. Dès qu'elle meurt, plus de
main et alors les jambes.
De même, une fois l'allure du galop sur les
hanches obtenue, si l'action ne se continue
pas, cesser tout effet de main, et employer les
jambes.
Se contenter, dans le principe, de deux ou
trois pas de galop de deux pistes sans jambes.
Arrêter souvent: décontracter.
ASSEMBLER. 141
Donner fréquemment au cheval quelques mi-
nutes de repos et d'absolue immobilité dans
un équilibre parfait.
Demander, dans le même ordre d'idées, des
voltes et des demi-voltes de deux pistes sans
se servir des jambes tant qu'on le peut.
Préparer les pirouettes ordinaires au galop
sans jambes, par des demi-voltes serrées sans
exagération et exécutées par la main seule.
Prendre garde à Tacculement avec les che-
vaux qui reviennent très facilement sur eux. La
main doit alors redoubler de délicatesse.
Pour exécuter la demi-pirouette ordinaire
elle-même, alterner dans le commencement les
effets de main avec l'action des jambes. En
évitant de les produire ensemble, on arrive
assez promptement, dans ce travail, à se passer
complètement des jambes.
Départs au Galop parles Jambes seules. — Pour
parfaire l'équilibre du cheval, il est bon, non
seulement de l'exercer à s'enlever au galop par
la main seule, mais de chercher inversement à
obtenir des départs à cette allure en ne se ser-
vant que des jambes.
142 DRESSAGE METHODIQUE.
Pour cela, les rênes étant sur le cou, ou te-
nues par leur extrémité sans qu'elles aient
d'action sur la bouche, appuyer en marchant
au pas, la jambe gauche, par exemple, au flanc
du cheval et faire agir en même temps la jambe
droite un peu plus en avant et par petits à-
coups successifs, jusqu'à ce que l'enlever au
galop à droite se soit produit.
Si, au moment du contact des jambes, l'ani-
mal prend le trot, les relâcher entièrement, et
empêcher par un ou plusieurs demi-arrêts le
poids de se porter en avant. L'allure du pas
une fois rétablie, recommencer à demander
par les jambes seules le départ à droite.
Dès que ce résultat est obtenu, alterner les
enlevers au galop par la main avec les départs
par les jambes.
Exécuter ce même travail sur le pied
gauche.
Passer ensuite du pas au trot par une pres-
sion égale et progressive des deux jambes.
Mais la différence entre les moyens à em-
ployer pour obtenir ainsi le galop ou le trot est
plutôt du ressort du tact équestre que du do-
maine de la théorie.
ASSEMBLER. 143
Départs au Galop par la Rêne et la Jambe du côté
opposé au Pied demandé sans traverser le Cheval.
— Il nous reste à dire maintenant comment on
peut arriver à produire le départ au galop par
les aides latérales (rêne et jambe) du côté op-
posé au pied demandé, le cheval restant bien
droit d'épaules et de hanches.
Cette manière d'obtenir le galop trouve son
application surtout dans Téquitation du dehors.
Elle présente cet avantage que le cavalier se
sert alors toujours, pour mettre son cheval à
cette allure, des mêmes moyens, depuis le
commencement jusqu'à la fin du dressage.
On prépare ce travail comme il suit.
Le cheval étant bien léger et maintenu sur
un cercle à droite de petit diamètre au moyen
de l'appui de la rêne gauche (bride ou filet) sur
l'encolure, obtenir le galop à droite en passant
au besoin par le petit trot, mais en se servant
de la rêne et de la jambe gauches comme agents
principaux.
La rêne gauche doit être l'aide prédominante
et pousser en quelque sorte l'avant-main vers
la droite, le bout du nez du cheval restant un
peu à gauche; et la jambe gauche du cavalier,
144 DRESSAGE METHODIQUE.
tout en communiquant Faction nécessaire, doit
éviter de traverser Fanimal dont les épaules et
les hanches restent ainsi sur le cercle décrit.
Quand ce travail préparatoire s'exécute con-
venablement à chaque main, il faut arriver à
obtenir les départs au galop sur la ligne droite,
le cheval restant bien droit, et cela en se servant
toujours de la rêne et de la jambe opposées au
pied demandé.
Il s'agit alors de donner la position en repor-
tant le poids d'abord légèrement d'avant en ar-
rière, et en le poussant ensuite, pour ainsi dire,
vers la droite et en avant.
Pour cela, le cheval étant léger et ramené,
pour demander le galop à droite, par exemple,
en partant du pas ou du petittrot, élever la main
en la rapprochant du corps, la rêne gauche
agissant à peu près seule dans ce demi-arrêt
avec une intensité progressive et savamment
graduée; et terminer cet effet en reportant la
main vers la droite de manière à produire sur
Tencolure, avec la même rêne gauche, une lé-
gère pulsion vers la droite. Mais au moment
où la main commence Teffet en question, la
jambe gauche doit agir par une pression pro-
ASSEMBLER. 145
portionnée au surcroît d'impulsion nécessaire,
dans le cas où Tanimal n'a pas le degré d'action
suffisant pour l'enlever au galop.
L'appui de la rêne gauche sur l'encolure tend
à produire un certain pli à gauche, c'est-à-dire
à faire avancer légèrement le bout du nez et la
croupe vers la gauche pendant que les épaules
sont poussées vers la droite. La pression déli-
cate de la jambe gauche ne doit donc plus tra-
verser le cheval.
Il faut d'ailleurs que la rêne droite empêche,
s'il est nécessaire, le bout du nez de se contour-
ner vers la gauche et qu'elle soit, comme la
jambe droite, prête à intervenir en cas de be-
soin.
Recomm'encer ces demi-arrêts jusqu'à ce
que le galop ait été obtenu, et demander, bien
entendu, le départ sur chaque pied.
Rester longtemps sur ce travail et l'entrecou-
per d'arrêts fréquents suivis de reculer.
Le cheval étant bien léger, partir aussi du
reculer au galop par les effets en question.
Arriver comme précédemment à se passer le
plus possible et même entièrement des jambes
pour ces départs.
19
146
DRESSAGE METHODIQUE.
Il est à remarquer que cette manière de
demander le galop a la plus grande analogie
avec l'action de « rouler » dont on se sert sou-
vent à la fin d'une course pour faire donner à
un cheval tous ses moyens, en la répétant à
chaque foulée des membres antérieurs.
CHAPITRE II
DU GRAND TROT
|ravail au grand Trot. — Quand le tra-
vail du galop commence à se bien
exécuter et que Tanimal reste facile-
ment à la position renfermée, rassemblée, qui
convient à cette allure, c'est le moment de
l'exercer à détendre de temps à autre tous ses
ressorts en s'efforçant de le maintenir néan-
moins léger et ramené.
Pour cela on prend d'abord le petit trot
et, quand Tallure est bien réglée, on allonge
progressivement.
Il arrive parfois qu'un cheval ayant de gran-
des dispositions à engager ses jarrets, à se ras-
sembler, devient difficile à maintenir au trot
même ralenti, à la suite des exercices du galop.
DRESSAGE METHODIQUE.
Dans ce cas, il faut cesser entièrement de de-
mander cette dernière allure pendant un cer-
tain temps, jusqu'à ce que le trot redevienne
très facile.
Du reste, lorsqu'une position arrive à être
très familière à un animal, c'est toujours aux
dépens de la facilité avec laquelle il prend les
autres. Il ne faut plus alors lui donner, jusqu'à
nouvel ordre, que celles qu'il a de la peine à
conserver.
Si le grand trot ne se dessine pas franche-
ment, ou si la légèreté se perd, arrêter court, dé-
contracter et repartir. Recommencer vingt fois,
si c'est nécessaire, à décomposer, jusqu'à ce que
le cheval entamefranchement l'allure demandée.
Ce principe est du reste aussi bien applica-
ble au galop qu'au grand trot.
Chaque foulée doit être bien semblable à sa
voisine en vitesse et en cadence.
Soigner surtout le départ, le premier pas.
Ne pas chercher dans les commencements à
rétablir l'équilibre en marchant :
Arrêter, décontracter, et, le calme et la légè-
reté revenus, mais pas auparavant, redeman-
der le grand trot.
ASSEMBLER. 149
Descentes de Main. — Dès que Fallure est
bien franche et bien décidée, si la légèreté per-
siste, baisser la main qui tient par leur extré-
mité les rênes nouées comme toujours, et ne
plus les faire agir tant que le cheval conserve
son équilibre. On doit arriver ensuite progres-
sivement à les lâcher entièrement en se tenant
prêt à tout événement. On les reprend adroite-
ment et prestement dès qu'il y a lieu de s'en
servir de nouveau.
Tâcher dès lors que Tanimal s'en aille libre
et sans gène, la tète haute etplacée,rencolure se
soutenant d'elle-même; laisser les rênes sur le
cou tant que l'équilibre reste intact. Mais repren-
dre le cheval dès qu'il s'abandonne, dès qu'il
baisse son encolure ou qu'il augmente son allure.
Dehors, au grand trot, il n'est pas nécessaire
que l'animal mâche son mors quand il se livre
bien. Il suffit qu'il ne tire pas, qu'il ait l'encolure
haute, la tête restant moelleusement^.re à une
position voisine de la perpendiculaire, et
qu'il s'en aille énergiquement et bien droit
devant lui, mais prêt à faire jouer son mors,
si le cavalier vient à se servir des rênes pour
une raison quelconque.
CHAPITRE III
DES CHANGEMENTS DE PIED AU GALOP
I AN 1ÈRE d'arriver dans les Commence-
ments au Changement de Pied. — Pour
apprendre au cheval à changer de
pied au galop à la volonté du cavalier, exécuter
un changement de main diagonal à cette allure
en tenant les hanches, de façon à le terminer à
quatre pas au moins du coin et à avoir ainsi
le temps d'agir avant que Tanimal s'incline
pour tourner.
En arrivant à la piste opposée, pousser avec
les jambes en faisant prédominer celle du côté
extérieur. Recevoir aussitôt le poids sur la main
qui se porte alors vers le mur en faisant agir
principaleinent la rêne du dehors.
On doit donc employer d'abord comme
ASSEMBLER. i5i
aides principales la rêne et la jambe opposées
au pied demandé, afin de vaincre les résistan-
ces assez sérieuses qu'amène chez Tanimal
rignorance de ce que cherche à obtenir le
cavalier.
Si Ton ne réussit pas dès les premières fou-
lées, passer au pas.
Se contenter dans le principe d'un seul
changement de pied obtenu à Tune et à Tautre
main.
Quand le cheval les fait facilement ainsi, il
faut les demander en restant sur les pistes, mais
en se servant encore de la rêne et de la jambe
opposées au pied demandé.
Si ranimai fait des difficultés pour changer
de pied, si ses résistances se prolongent et s'il
se détraque momentanément, passer au pas.
Rétablir le calme, l'équilibre, et repartir au
galop pour essayer de nouveau le changement
de pied.
Changement de Pied par la Rêne et la Jambe du
côté du Pied demandé. — Dès que ces mouve-
ments deviennent familiers au cheval, il faut
essayer de les obtenir par les moyens suivants :
DRESSAGE METHODIQUE.
Pour changer de gauche à droite par exemple,
jambe droite et aussitôt petit demi-arrét sur
la rêne droite.
La jambe droite ne doit pas agir tout à fait
en même temps que la main. Elle pousse en
avant. La main reçoit le poids et donne la posi-
tion. Il faut pour cela employer peu de force et
mettre beaucoup de délicatesse dans ses effets.
Au moment du changement de pied, le che-
val ne doit pas augmenter son allure. En pareil
cas, arrêter court; décontracter puis recom-
mencer.
Décomposer plus que jamais pour ce travail.
Presque pas de jambes. Le cheval doit chan-
ger de lui-même. Éviter de renverser. Alterner
souvent la bride et le filet.
Du reste, un cheval bien équilibré au galop a
presque toujours assez d'action pour que la
main puisse demander le changement de pied
en agissant sans le secours des jambes. Elle doit
donner par un petit demi-arrét, appliqué sur la
rêne du côté du pied cherché, la position qui
suffit alors à produire le changement de pied.
Changement de Pied sans le Secours des Jambes.
A8SKMBI.ER. i5'3
— Avec un animal qui a assez d'action, ne pas
se servir du tout des jambes. C'est afin d'évi-
ter que le derrière ne change avant le devant.
Il faut du reste bien distinguer les cas parti-
culiers qui se présentent. Ainsi, lorsque au
contraire un cheval a peu d'impulsion et qu'il
est à craindre qu'après ïeÏÏet de la main il ne
lui en reste plus suffisamment pour que le
changement de pied se fasse, les jambes doi-
vent agir d'abord, celle du côté du pied de-
mandé un peu plus que l'autre, et même seule
s'il est possible. Alors et presque instantané-
ment la main donne la position et le mouve-
ment suit.
Mais il faut toujours en arriver après un
temps plus ou moins long à faire ce travail en
se passant complètement du secours des jambes.
Quand l'allure du galop est bien réglée, la
légèreté complète, et qu'on juge l'action suffi-
sante, bien sentir la bouche de Tanimal pour
que l'effet de la main ne soit point une saccade,
et ensuite agir par demi -arrêts (un, deux,
trois, etc., s'il est nécessaire) sur la rêne du
côté du pied demandé, en portant légèrement
la main du côté opposé.
i34 DRESSAGE METHODIQUE.
Continuer les demi-arrêts sans en augmenter
la force jusqu'à ce que le cheval ait exécuté le
changement de pied. En un mot, donner la
position qui doit engendrer le mouvement et
ne pas chercher le moui'emeut qui doit être
une conséquence de la position.
Si le cheval se ralentit, pousser par les jam-
bes, par l'éperon au besoin, jusqu'à ce que
l'on ait obtenu une impulsion suffisante ; mais
alors, pendant Faction des jambes, plus du
tout de main et ne pas demander le change-
ment de pied. Point important.
Donc, Faction paraissant suffisante, donner
la position. Si en donnant la position, l'action
meurt, abandonner la position, pousser en
avant sans main, par les jambes ou l'éperon,
puis alors redonner la position. Le mouve-
ment doit venir seul dès qu'on a l'action et la
position.
Avec un cheval chez lequel les demi-arrêts,
même peu marqués, prennent sur l'impulsion,
se borner à une vibration légère sur la rêne du
côté du pied demandé, en portant la main du
côté opposé.
Continuer la vibration jusqu'à l'obtention du
ASSEMBLER.
changement de pied. Mais pas de jambes pen-
dant cette vibration. Les jambes augmentent la
contraction que la main rencontre, et alors ce
n'est plus que par une suite d'efiets de force,
de mouvements saccadés, heurtés, que le chan-
gement de pied est obtenu.
Dans ce travail, lâcher complètement les
rênes aussitôt que Tanimal a changé de pied.
C'est le meilleur moyen de se bien rendre
compte de l'effet produit par la main et de sa-
voir si réquilibre persiste, si le poids ne vient
pas trop en avant, etc.
Reprendre le filet ou la bride avec beaucoup
de délicatesse dès qu'il y a lieu, ou pour de-
mander de nouveaux changements de pied.
Le cheval apprécie très bien la différence
entre l'abandon complet des rênes sur le cou,
et la simple descente de main pendant laquelle,
si elles ne font plus d'effet sur la bouche, elles
n'en sont pas moins tenues par leur extré-
mité.
Au fur et à mesure que le dressage se per-
fectionne, les changements de pied demandés
sans le secours des jambes doivent s'obtenir
par de simples indications de rênes, sans qu'il
i36 DRESSAGE jMETHOD 1 QU E.
soit besoin de recourir aux demi-arréts ou
même à la vibration.
Changements de Pied demandés par les Jambes
seules. — Arriver alors, comme exercice, aux
changements de pied demandés par les jambes
sans l'aide de la main.
Pour cela, tenir d'abord les rênes demi-ten-
dues pour réprimer au besoin Taccélération de
Tallure.
Puis les prendre par leur extrémité et ne s'en
servir qu'autant que cela est absolument néces-
saire, et encore leur action doit-elle être alors
presque nulle.
Enfin les laisser tout à fait sur le cou.
On ne peut dire d'une façon absolue quelle
est la jambe qui doit avoir dans ce travail l'effet
prédominant.
C'est au cavalier à le sentir; mais en dehors
des cas particuliers, c'est celle qui est opposée
au pied cherché.
Quand les jambes demandent, si Faction
augmente, elles doivent aussitôt se relâcher. La
main rétablit la cadence primitive, et les jambes
recommencent alors à donner la position.
ASSEMBLER.
07
Entremêler ce travail de changements de
pied demandés par la main seule. Agir avec
une extrême délicatesse dès qu'il n'y a plus trop
de poids sur le devant.
Une vibration suffit alors, car les demi-arrêts
rendraient le cheval inquiet et hésitant, du mo-
ment qu'il n'y a plus lieu d'alléger Tavant-
main.
Les changements de pied par les jambes ser-
vent à remettre dans le mouvement en avant,
après un travail où la main seule a eu beaucoup
à agir.
Changements de Piedrépétés. — L'essentiel est
que le cheval sache exécuter un changement de
pied parfait de gauche à droite et de droite à
gauche, à des intervalles même assez longs
dans le principe.
Dès qu'il fait ces mouvements d'une manière
irréprochable, ce n'est plus rien de les lui faire
répéter à de petites distances, qu'on rapproche
alors de plus en plus, pour arriver plus tard aux
changements de pied au temps, c'est-à-dire
renouvelés à chaque temps de galop.
Pour préparer le cheval à ces exercices qui
i58 DRESSAGE METHODIQUE.
exigent de la part du cavalier beaucoup de
tact et de finesse, il faut bien se pénétrer des
recommandations suivantes :
Quand on demande le changement de pied,
dès qu'on sent Faction suffisante, commencer
par rapprocher la main du corps, pour reporter
légèrement le poids en arrière, et alors seule-
ment porter un peu la main du côté opposé au
pied cherché. Ne pas se presser; donner la
position et laisser faire le chepal.
Tenir ses rênes dans une seule main (bride
ou filet). Ne pas la porter trop sur le côté;
presque pas de déplacement latéral, surtout
dans les changements de pied répétés.
La main marque un demi-temps d'arrêt en
se rapprochant du corps, et se déplace à peine
vers la droite ou vers la gauche.
Mais, dans les commencements, ne pas
craindre de bien enlever le devant par un demi-
arrét un peu énergique, afin de dégager les
épaules qui souvent pour ce travail sont trop
chargées.
Bien sentir si le cheval est prêt, avant de
demander les changements de pied : pousser
ou ralentir au besoin, mais ne pas faire
ASSEMBLER. 169
agir en même temps la main et les jambes.
S'il devient nécessaire de décomposer, être
modéré dans Tapplication des demi-arrêts. Pas
de saccades ni de brusquerie. Beaucoup de
calme. L'équilibre une fois rétabli, repartir au
galop et attendre un peu , avant de recommencer
à changer de pied.
Pour arriver aux changements aux deux
temps ou au temps, n'en demander que deux
d'abord, puis passer au pas. Recommencer, et
ainsi de suite. Se servir, bien entendu, de la
main seule, et tâcher de bien saisir « le temps » ;
abaisser le poignet après chaque demande.
Augmenter petit à petit le nombre des chan-
gements de pied aux deux temps ou au temps.
Faire bien attention à ce que l'action soit
suffisante. Se montrer très exigeant. Que le
devant et le derrière changent bien en même
temps. Beaucoup de délicatesse dans la main.
Si l'allure augmente, si le cheval s'affole un
peu, si l'équilibre s'altère, cesser de demander
le mouvement, et, au besoin, décomposer :
arrêter, décontracter avant de recommencer.
Il faut que le dressage soit déjà bien avancé
pour qu'on puisse rétablir l'équilibre à l'ai-
t6o DRESSAGE METHODIQUE.
lure du galop ou même du pas, quand il y a
eu du désordre.
Éviter surtout de demander ce travail de
précision à un cheval fatigué, énervé, mouillé
de sueur, ce qui obligerait à Tobtenir par la
force. Il faut que Tanimal reste frais pour ces
leçons difficiles. Que ce soit pour lui un jeu en-
tremêlé de repos et de récompenses.
Changements de Pied par les Aides opposées
au Pied demandé, le Cheval restant droit d'Epaules
et de Hanches. — Quand un cheval part facile-
ment au galop sans se traverser au moyen de la
rêne et de la jambe opposées au pied demandé,
on peut arriver aussi à obtenir le changement
de pied par le même effet latéral, en le main-
tenant droit d'épaules et de hanches.
On Texerce d'abord à changer de pied par
Faction de ces deux aides, en le traversant légè-
rement s'il est nécessaire.
Puis on demande le changement de pied de
droite à gauche, par exemple, absolument
comme il a été prescrit d'agir pour faire passer
un cheval du pas au galop à gauche, sans le
traverser, par l'emploi de la rêne et de la jambe
ASSEMBLER. i6i
droites. On doit s'attacher alors à maintenir
ranimai bien droit d'épaules et de hanches.
Comme ci-dessus également, il faut s'efforcer
de se servir le moins possible du secours de la
jambe et d'arriver même à s'en passer tota-
lement.
La main doit redoubler de finesse et se dé-
placer à peine latéralement lorsqu'elle marque
son demi-temps d'arrêt terminé par une sorte
de pulsion vers le coté du pied demandé.
Foule au Galop. — Pour exécuter la foule au
galop, on fait des départs en tous sens et sur
chaque pied au milieu du manège. On tourne
souvent et très court. On change de pied, on
arrête, on repart, etc. Bien veiller à ce que la
position donnée par la main ne prenne pas sur
l'impulsion. Dans ce cas, chasser en avant par
les jambes avant de redonner la position.
CHAPITRE IV
DU GALOP ALLONGE
[uGMENTERde plus Gii plus la Vitesse du
Galop. — La légèreté et le ramener
étant constants ait galop modéré, il
faut allonger progressivement cette allure,
c'est-à-dire prendre successivement des vitesses
de plus en plus grandes, mais chaque fois uni-
formes et bien réglées, sans que le cheval dé-
place sa tète et devienne pesant à la main.
La mobilité de la mâchoire diminue néces-
sairement quand le train augmente.
Elle doit reparaître quand la main agit sur la
bouche pour reporter le poids en arrière et
obtenir un ralentissement.
Exercer le Cheval à s'arrêter en marchant à un
assemuli:r. if,3
Galop rapide. — On exerce ensuite Tanimal à
des arrêts sur place en marchant au grand
galop.
Se rappeler pour cet exercice que si, avant
•toute nouvelle exigence, il faut avoir retrouvé
la légèreté, on doit, lorsqu'on Ta obtenue, et
qu'on demande un mouvement, employer une
force énergique^ pî'ogressipe et savamment gra-
duée jusqu'à l'obtention du résultat cherché.
Il faut donc, quand on exerce un cheval à
s'arrêter en marchant au grand galop, agir au
besoin très fortement d'abord avec les poignets
jusqu'à ce que leur effet d'élévation ait produit
l'immobilité. Reculer alors immédiatement.
En répétant ces exercices avec progression et
intelligence, on arrive à passer facilement de
la charge à l'arrêt par un simple effet de main,
sans se servir ni de l'éperon, ni même des
jambes.
CHAPITRE V
DES SAUTS D'OBSTACLES
u AND on doit commencer les Sauts d'Ob-
stacles. — Il ne faut pas faire sau-
ter le cheval monté avant que le
dressage ait donné au cavalier des moyens
absolument certains de Tamener sur un objet
quelconque, quelle que soit Tappréhension
qu'il puisse en avoir.
C'est Teffet d'ensemble sur l'éperon qui seul
permet à l'homme de forcer l'animal à se jeter
sur un obstacle qui Teffraie ou qu'il ne veut
pas franchir.
C'est donc seulement quand le cheval a bien
compris la leçon de l'éperon que le cavalier en
selle doit commencer à l'exercer aux sauts en
hauteur ou en largeur.
ASSEMBLER. i65
Mais auparavant il a dû être longuement
accoutumé à passer à la longe ou en liberté
toutes les variétés d'obstacles qu'il pourra ren-
contrer sous le cavalier.
Du moment où Tanimal a reçu cette éduca-
tion préliminaire, et qu'on possède le moyen
assuré de Tempécher de se dérober et de l'obli-
ger à se lancer sur n'importe quel obstacle, il
ne s'agit plus que de l'exercer avec méthode à
franchir, monté, ce qu'il a été habitué à sau-
ter sans cavalier.
On ne saurait trop recommander pour ces
exercices de laisser, pendant la durée du saut,
le cheval libre de disposer sa tète, son enco-
lure et tous ses ressorts, comme la nature le
lui indique.
:0 ,5 ^
CHAPITRE VI
HABITUER LE CHEVAL AUX BRUITS
DE GUERRE, ET AUX OBJETS EFFRAYANTS
ROGRESSiON à suivre pour familiariser
le Cheval avec tout ce qui l'effraie. —
Pour habituer un cheval au bruit
des tambours, de la musique, aux drapeaux,
etc., c'est dans le silence du manège, et non
dehors, qu'il faut donner la leçon.
On doit suivre une grande gradation.
Pour le tambour, par exemple, on com-
mence par quelques coups de baguette. Dès
que ranimai s'inquiète, cesser le bruit, cal-
mer, flatter, recommencer, etc.
Donner cette leçon avec le tambour arrêté
d'abord, puis marchant vers le cheval. Tout
est dans la progression.
ASSEMBLER.
167
Pour le feu, se tenir loin au début, très loin
même, puis se rapprocher insensiblement.
S'il s'agit d\m objet dont Tanimal a peur,
se bien garder de chercher par la vigueur à le
porter sur Tobjet. Laisser au contraire le che-
val aussi éloigné qu'il le désire du sujet de
son effroi. Mais tout rendre. Se servir le
moins possible des rênes et des jambes. Passer
et repasser plusieurs fois loin d'abord et
ensuite de plus en plus près, à mesure que
l'animal fait moins attention à l'objet qui
l'avait effrayé au début.
Pour arriver plus sûrement et plus vite,
il faut commencer par donner à pied toute
leçon qui a pour but d'apprivoiser un cheval,
de le rassurer, de le familiariser avec ce qui
l'inquiète ou l'épouvante.
Voir d'ailleurs ce qui est dit à ce sujet dans la
première partie delà « Progression du dressage » .
CHAPITRE VII
EQUITATION DE FANTAISIE. — ALLURES
ARTIFICIELLES
:s deux manières de faire agir les Jambes. —
Il y a deux manières de se servir des jambes
quand on les lait agir simultanément et éga-
lement.
La première consiste à presser le corps de l'animal à
Tcndroit de leur position normale et sans les déplacer
sensiblement.
Cette action des jambes pousse, donne Timpulsion.
Elle sert de plus à produire Teffet d'ensemble, lequel
rétablit l'équilibre, quand il est nécessaire, à toutes les
allures, dans toutes les positions, dans tous les mouve-
ments, et met les forces du cheval à l'entière disposi-
tion du cavalier.
La deuxième manière d'employer les jambes est de
les porter d'abord un peu en arrière sans toucher le poil,
et là, de les coller moelleusement aux flancs.
Quand le cheval a appris à se rassembler facilement,
cet effet produit et maintient l'engagement des extré-
ASSEM15L1:R. iGcj
mités sous la masse, et favorise ainsi la détente des Jar-
rets de bas en haut, à la condition que la main oblige
Faction à se dépenser en hauteur.
11 y a donc avantage à s'en servir quand on demande
le piaffer, qui n'est en somme que le rassembler régula-
risé, cadencé.
Mais ce n'est que quand le piaffer lui-même est devenu
très facile et bien rythmé, qu'il suffit, pour le produire,
d'employer l'effet en question.
Comment on arrive au Piaffer. — Il faut dans le prin-
cipe procéder comme il suit :
Sentir d'abord la bouche du cheval pour s'assurer
que la légèreté est bonne, qu'il n'y a pas trop de poids
en avant.
Puis rendre et demander le rassembler par de petits
coups de mollets successifs et répétés, et enfin recevoir
dans la main l'action ainsi produite par les jambes qui
se desserrent aussitôt. La main ne doit pas se déplacer.
Elle reste Jixe et rend quand la mâchoire se décon-
tracte.
Récompenser en caressant et arrêter avant que le
cheval s'immobilise de lui-même.
Le plus possible de descentes de main et de jambes.
De plus, avoir comme précédemment les rênes de filet
et celles de bride nouées, de façon à pouvoir alterner à
chaque instant leur effet.
Dès qu'il y a des résistances ou du désordre, décom-
poser. Ne pas chercher d'abord à rétablir la légèreté
pendant le piaffer. Arrêter puis décontracter.
Dès qu'il y a progrès, si léger qu'il soit, récompenser.
22
170 DRESSAGE METHODIQUE.
Commencer le piaffer sur les pistes aux deux mains,
puis le demander au milieu du manège.
Avancer après chaque demande.
Très peu de mouvements apparents des jambes. Si
les mollets ne font pas assez d'effet dès leur approche,
une attaque des deux éperons sans opposition de main,
pour augmenter l'action, réveiller l'activité.
Éviter toutefois d'employer ce moyen si la queue
fouaille.
L'action étant ravivée, chercher àcadencer, à espacer
les temps par l'appui moelleux et alterné des mollets.
Dès que la cadence se dessine, plus de main ni de
jambes.
De temps en temps la cravache sur la croupe pour
donner plus d'élévation au piaffer, surtout si l'on veut
activer le derrière.
Etre très discret cependant dans l'usage de ce moyen.
Pendant qu'on s'en sert, pas de jambes; descente de
main. Après l'emploi de la cravache, qui doit, quand
elle agit, toucher en cadence la croupe pour marquer
les temps, quelques appuis alternés des mollets.
On essaie dans la suite de détruire les résistances sans
arrêter, mais il est toujours plus sûr de décomposer
quand elles se prolongent.
Il faut éviter le plus qu'on le peut, surtout dans les
commencements, de faire agir en même temps la main
et les jambes, pour ne pasj'aire naître ainsi des contrac-
. lions, des résistances. En effet, si l'action des jambes et
celle de la main étaient bien simultanées et équivalentes,
l'animal sollicité par deux forces égales et opposées de-
vrait s'immobiliser instantanément.
ASSEMBLER.
Résumons donc la gradation des demandes du cava-
lier.
Main, pour s'assurer delà légèreté'. Puis jambes seules.
Puis, s'il en est besoin, main seule, ou jambes seules.
Enfin, ni main ni jambes dès que le cheval continue de
lui-même son mouvement régulier. On peut d'ailleurs
ne laisser qu'un intervalle à peine appréciable entre
l'emploi de la main et celui des jambes.
Quand, dans son piaffer, le cheval a la croupe de tra-
vers, c'est toujours parce qu'il oppose à la main une ré-
sistance de forces. La croupe de travers est l'effet. La
cause, c'est la résistance de forces. Il faut la détruire. On
y arrive par un « balancement de main, de droite à
gauche et de gauche à droite », sorte de vibration moel-
leuse et régulière. On commence ce balancement pen-
dant le piaffer et on le continue tant qu'il le faut, long-
temps, si c'est nécessaire, même si l'animal recule
quelque peu. On se borne alors à diminuer l'intensité
de l'effet de main.
Dès que la légèreté vient, tout se redresse; le reculer
cesse; le piaffer devient bon.
Le cheval, comme nous l'avons dit, apprécie très bien
la différence entre la descente de main faite avec les
rênes tenues par leur extrémité, et l'abandon complet
des rênes sur le cou. Mais c'est surtout dans le piaffer
qu'on s'en aperçoit, quand, après les avoir relâchées tota-
lement sans que pour cela le cheval ait avancé, on les
laisse tomber sur l'encolure, ce qui doit se faire dès
qu'on le peut. Il arrive alors souvent, dans le commen-
cement, que le poids passe en avant, ce qui entraîne la
masse dans ce sens, et oblige à reprendre les rênes.
172 DRESSAGE METHODIQUE.
Du Piafifer en avançant ou Passage. — Quand le cheval
piafte très bien sur place avec soutien et cadence, on de-
mande le piatîer en avançant; c'est le Passage.
Dans cette allure artiticielle on ne doit avancer que
très peu, de deux ou trois pouces environ à chaque fou-
lée. Pour que le passage soit re'gulier il faut qu'il soit
très moelleux; les mouvements doivent être arrondis,
les membres se ployant gracieusement en cadence.
Il doit être la conséquence d'une concentration des
forces, du rassembler; et ne pas sembler dur pour le
cavalier. Il n'a donc que peu de rapport avec ce trot
saccadé, heurté, convulsif et fort désagréable pour
l'homme, auquel on donne souvent le même nom.
Du Trot en arrière. — ■ On passe ensuite au piaffer en
arrière ou trot en arrière. De même e^ue dans le passage
on ne doit avancer que de deux ou trois pouces environ
à la fois, de même, dans le trot en arrière, chaque
bipède diagonal doit se poser à quelques centimètres seu-
lement en arrière de l'autre, après être resté un certain
temps au soutien. Changer souvent de rênes pendant
cet exercice.
Du Passage de deux Pistes. — Enfin on commence le
travail de deux pistes au passage; mais il est de toute
nécessité, avant de le demander, que le piaffer soit par-
fait en place et que tous les mouvements sur les hanches
s'exécutent admirablement au pas et au petit trot.
On ne saurait trop recommander le plus grand tact,
et la plus grande discrétion dans les demandes, pour
tout ce travail délicat et difficile. Récompenser souvent
et mettre la plus soigneuse gradation dans ses exigences.
CHAPITRE VIII
ÉQUITATION DE FANTAISIE. — ALLURES
ARTIFICIELLES (suite)
KNDANT le travail préparatoire, le cavalier
étant encore à pied, a dû faire demander par
l'homme à cheval les levers alternatifs des
membres antérieurs, et enhn un peu de pas
espagnol. On va plus vite ainsi parce que si l'animal ne
comprend pas ce qu'on exige de lui, la cravache du cava-
lier resté à pied intervient pour stimuler son obéissance.
Mais alors même que cette première leçon n'aurait pas
été donnée, le cavalier à cheval peut toujours demander
à lui seul les levers de Jambes, le pas et enfin le trot
espagnol, par les moyens suivants, à la condition tou-
tefois que le cheval y ait déjà été exercé convenablement
pendant le travail à pied.
Extension des Membres antérieurs. — Étant arrêté,
s'assurer que la mâchoire est bien moelleusement mo-
bile, puis alléger l'épaule droite, par exemple, en élevant
174 DRESSAGE METHODIQUE.
légèrement la main et en la portant vers la gauche, de
façon à ope'rer sur la rêne droite une demi-tension dans
la direction de la hanche gauche. Fermer presque aussi-
tôt les deux jambes et, quand leur pression fait « passer
les forces en avant », s'opposer par le même effet de
main à ce que le cheval avance.
Si cet ensemble d'actions ne détermine pas le lever
et l'extension du membre antérieur droit, se faire com-
prendre en touchant avec la cravache l'animal à l'épaule
droite et au besoin à Tavant-bras droit. Répéter ces
levers de chaque jambe de devant jusqu'à ce que le
cheval les exécute parfaitement, et se passer le plus tôt
possible de la cravache.
Du Pas espagnol. — Commencer alors le pas espagnol
en mettant l'animal en marche au pas pendant que l'un
des membres antérieurs est au soutien et bien étendu.
Dés que ce membre pose à terre, inverser les aides pour
obtenir le lever et l'extension de l'autre. S'aider, s'il est
nécessaire, par la cravache. Continuer jusqu'à ce que
cette allure soit franche, facile, avec l'extension com-
plète et très haute de chaque jambe, le cheval restant
léger bien entendu.
S'attacher surtout a ce que l'animai ne revienne pas
sur lui quand il lève un membre antérieur soit en place,
soit en marchant. Il doit étendre la jambe sans aucun
acculement, comme s'il voulait atteindre un objet placé
loin de lui, en avant et à hauteur de ses épaules.
Du Trot espagnol. — On peut alors demander le trot
espagnol.
ASSEMBLER. 175
Pour cela, il faut pousser, activer fortement par une
pression e'gale et simultanée des deux ']?imhes Jermées
en avant, pendant que le cheval marche au pas espa-
gnol avec la mâchoire bien liante.
On précipite le pas de façon à rapprocher de plus en
plus les battues de chaque bipède diagonal, la main
s'élevant légèrement et se portant alternativement à
droite et à gauche, du côté opposé au membre dont on
cherche l'extension.
Se servir beaucoup de la cravache dans les commen-
cements.
Dès qu'on a obtenu deux ou trois foulées de trot
espagnol, passer au pas, rétablir la légèreté et reprendre
le pas espagnol avant de redemander le trot (espagnol).
Quand l'animal a compris et prend facilement cette
allure artificielle, il ne faut plus déplacer la main laté-
ralement.
Les jambes, en activant, ayant produit avec l'aide de
la cravache, du trot espagnol, recevoir cette impulsion
en élevant un peu la main. Dès que la légèreté se ma-
nifeste , changer de rênes (la bride et le filet étant
noués).
Tâcher bientôt d'obtenir que la cadence se continue
avec un peu d'extension pendant un pas ou deux, en
abaissant la main.
Arrêter aussitôt pour récompenser.
Etre très peu exigeant d'abord. Se contenter de peu.
Recommencer à essayer de se passer de la main.
Reprendre le cheval dès qu'il s'abandonne.
Si la vitesse augmente au moment où la main s'abaisse,
rétablir avant tout l'équilibre; demi-arrêt au besoin
176 DRESSAGE METHODIQUE.
pour empêcher le poids de passer en avant. Ne pas
quitter d'abord entièrement les rênes; abaisser seule-
ment la main pour la relever dès que l'allure meurt.
Tâcher e'galement de se passer de la cravache pen-
dant quelques foulées.
Chercher en un mot à obtenir que le cheval se sou-
tienne de lui-même et continue son trot espagnol sans
aides.
Il faut pour cette allure beaucoup d'impulsion. Quand
les jambes ont à agir, elles ne doivent pas alterner leurs
effets.
Avec un cheval qui donne facilement le trot espagnol,
il suftit, pour le produire, d'augmenter par les jambes le
degré de son action, et, cela fait, d'élever la main pour
alléger le devant, en marquant par des demi-arrêts
moelleux la cadence des premières foulées.
Rendre alors et ne reprendre que pour entretenir l'al-
lure, si besoin est.
On peut aussi s'aider de temps à autre par quelques
appels de langue, mais il faut en arriver le plus vite pos-
sible à se passer de toutes les aides, jambes, main, cra-
vache, ou appels de langue, dès que le trot espagnol est
bien énergique, bien régulier, et que l'équilibre .persiste,
c'est-à-dire que la légèreté demeure inaltérée.
Du Trot à Extension soutenue. — ^Pour obtenir le trot à
extension soutenue, partir du trot espagnol, c'est-à-dire
demander cette dernière allure en marchant à un trot
accéléré sans être très vite.
Procéder comme toujours quand il s'agit d'avoir de
la cadence avec de l'élévation : employer d'abord les
ASSEMBLER.
177
jambes pour augmenter l'impulsion, et recevoir dans
la main celte impulsion.
Employer ces aides très rapprochées Tune de Tautre,
mais pas simultanément autant que possible.
1^4
23
dUATRIÈME PARTIE
FIXER
QUATRIÈME PARTIE
FIXER
CHAPITRE PREMIER
DU RAMENER OUTRE
E ramener « outré » n'est qu'un
moyen delixerla tête au ramener
normal par une exagération nio-
inentanée des exigences du cava-
lier. Il ne faut l'employer que si Ton veut
pousser le dressage jusqu'à l'anéantissement
complet des résistances que peuvent présenter
la bouche et l'encolure dans n'importe quelle
position et quelle que soit l'allure.
La légèreté s'obtenant bien avec la tête très
DRESSAGE METHODIQUE.
élevée, arriver au ramener outré. — Ce travail
ne doit jamais être entrepris que lorsqu'on
obtient facilement Télévation maximum et sou-
tenue de Tencolure au pas, au trot et au galop,
avec la légèreté, la mâchoire cédant d'abord
sans mouvement de tète.
Le ramener outré se demande par les rênes
du filet et en se passant des pistes ; mais on doit
ensuite répéter sur le mors de bride toute la
progression que nous allons détailler.
On commence en place.
On croise les rênes du filet dans la main
gauche, le petit doigt restant en dehors. La main
droite se place sur la rêne droite.
La main gauche se ferme alors a convulsive-
ment » en sentant la bouche, mais sans tirer.
Dès que la légèreté se manifeste, elle suit le
mouvement d'abaissement du bout du nez.
Elle continue à suivre ainsi la bouche jus-
qu'au ramener outré, c'est-à-dire jusqu'au mo-
ment où le menton vient à peu près toucher le
poitrail. Si la tête, au lieu de céder, veut sortir,
la main s'y oppose en se contractant avec une
grande force, mais toujours sans tirer sur les
rênes.
FIXER. i83
Pendant ce temps, les jambes se ferment, et
on arrive à Tappui des éperons que, bien en-
tendu, le cheval a dû être préalablement ha-
bitué à supporter parfaitement.
On laisse les éperons appuyés jusqu'au relâ-
chement complet de la mâchoire. Lorsque ce
relâchement se produit, la main éprouve la
sensation de la disparition complète de toute
résistance. En même temps, la langue détache
le mors, le fait sautiller et l'envoie heurter les
molaires; lorsque le cheval est en simple bri-
don, on entend alors un bruit caractéristique,
une sorte de « craquement ».
La main ayant rendu, la tête de Tanimal doit
rester un moment immobile, avant de se relever
moelleusement.
Quand le ramener outré a été obtenu directe-
ment par les deux rênes de filet, on le demandepar
chacune d'elles employée isolément, de manière
à produire un huitième de flexion d'encolure.
On accélère également le relâchement de la
mâchoire en s'aidant de l'appui des éperons et
en soutenant de l'autre rêne.
Puis on met son cheval au ramener outré
direct par les deux rênes et Ton marche au
i84 DRESSAGE MÉTHODIQUE.
pas en fixant la main pour empêcher tout dé-
placement de tète.
Les jambes font le reste, aidées au besoin par
les appuis d'éperon.
Le ramener outré se conservant bien au pas,
et se reprenant facilement à cette allure, après
les descentes de main, mettre le cheval au
petit trot tout en le maintenant au ramener
outré.
Dès que le relâchement de mâchoire est com-
plet, rendre et récompenser. Appuis d'éperon
si c'est nécessaire.
Puis exécuter des départs au galop avec le
ramener outré et agir à cette allure comme au
trot. Partir parfaitement droit et sans qu'il y ait
aucun mouvement d'élévation de la tète, qui
doit être maintenue au ramener outré pendant
Faction prédominante de Tune ou l'autre rêne
selon le cas.
Il faut bien se rendre compte de la sensation
éprouvée par le cavalier quand son cheval est
droit, ce qui doit être de sa part l'objet d'un soin
constant.
Si la tète et la croupe sont à gauche, par
exemple, c'est-à-dire si le poids est trop sur l'é-
FIXER. i85
paule droite, il faut que la rêne droite, par une
tension vers la hanche gauche, rejette le poids
à gauche en même temps que, s'il est néces-
saire, le soutien de la rêne gauche aide la jambe
du même côté à faire nu peu rentrer la croupe à
droite. Mais on ne doit employer cet effet de
jambe qu'au cas où il est impossible de ne pas
y avoir recours.
Passer ensuite, en marchant au pas, au petit
trot et au galop, du ramener outré à l'élévation
maxima de l'encolure, la tête restant au rame-
ner complet. Pour cela élever la main sans em-
ployer aucune force. Le cheval, pour éviter la
gêne que lui cause ce déplacement de la main
en hauteur, élève à son tour son encolure et de-
vient léger. Appuyer les éperons si le relâche-
ment de la mâchoire se fait attendre ou ne per-
siste pas.
Demander aux différentes allures les hui-
tièmes de flexions d'encolure avec le ramener
outré.
Enfin passer de l'arrêt au reculer, et du re-
culer aux différentes allures, le ramener outré
restant inaltéré.
Répéter souvent ces exercices.
24
. i86 DRESSAGE MÉTHODIQUE.
Arriver ensuite aux mouvements de deux
pistes au ramener outré.
Pour passer des pas de côté vers la droite aux
pas de côté vers la gauche, par exemple, porter
les mains à gauche, faire sentir la jambe gauche,
et quand les hanches sont bien venues à droite,
agir avec la jambe droite pour repartir dans
Tautre direction.
Puis demander le piaffer au ramener outré.
Pas de mouvements de jambes. L'éperon si le
cheval n'obéit pas aux mollets.
Dans tout le travail qui précède, il faut se
passer le plus vite possible des éperons, puis
des jambes, et jouer alors avec les rênes.
Quand le relâchement de la mâchoire est
bien complet, on le reconnaît, comme de pied
ferme, à ce que le cheval ne déplace plus sa tête
de lui-même au moment de la descente de
main, et la laisse au ramener outré pendant
un certain temps.
C'est le cas alors d'appliquer, tant qu'on le
peut, le principe « main sans jambes, jambes
saris main ».
On répète ensuite, comme nous l'avons dit,
FIXER.
187
tous ces exercices au ramener outré obtenu sur
le mors de bride.
L'élévation de l' encolure combinée avec le ra-
mener outré donne et fixe la vraie position de
la tète qui dès lors ne se perd plus, ni dans
les grandes allures, ni dans les mouvements
difficiles.
^M^'^^X^Z^^^^^^^ÈaCs-^S^^M.
CHAPITRE II
DES PETITES ATTAQUES
AN 1ÈRE de confirmer le Cheval dans sa
parfaite Obéissance aux Aides. — Quand
le dressage du cheval est terminé, il
ne reste plus qu'à le rendre très fin aux aides,
afin de ne plus avoir besoin de déplacer d'une
façon apparente la main ou les jambes pour lui
transmettre sa volonté.
La main doit alors se garder de toute action
qui ressemble à une punition , telle que le
demi-arrêt ou même la vibration.
Elle ne doit plus agir que par des indications
moelleuses et fixes. Il ne faut plus recourir aux
moyens de rigueur que pour vaincre une résis-
FIXER. 189
tance trop longue, si malgré tout il vient à s'en
produire.
Les jambes doivent se borner à se mettre en
contact avec le poil à leur place normale, lors-
qu'il y a lieu de s'en servir. Mais, pour augmen-
ter l'obéissance aux mollets, pour réveiller la
sensibilité, on doit procéder comme il suit :
Des petites Attaques de l'Eperon. — L'animal
étant bien confirmé dans la connaissance de
l'éperon et le supportant sans aucun fouaille-
ment de queue, dès qu'on a besoin de se servir
des jambes, approcher avec délicatesse le ou
les mollets jusqu'à une force modérée, et si ce
contact n'amène pas l'obéissance immédiate,
toucher aussitôt de l'éperon ou des éperons
selon le cas. Cette petite attaque doit être
douce, mais vive et subite.
De même si l'allure se ralentit, ou si une
position donnée par les jambes se perd, petite
attaque.
Les jambes doivent tomber naturellement et
ne toucher dès lors le cheval que s'il est néces-
saire, mm?, le plus rarement possible.
On doit éviter de même les appels de langue,
igo DRESSAGE METHODIQUE.
la cravache, enfin tout ce qui pourrait rempla-
cer les jambes, quand il n'est pas indispensable
de s'en servir. Mais après avoir demandé, par
exemple, des mouvements par la main seule,
comme alors les actions de celle-ci ont tou-
jours plus ou moins reporté les forces en
arrière, il faut, pour faire disparaître tout com-
mencement d'acculement, employer les petites
attaques des deux éperons à la fois.
Enfin, dans le piaffer, les rênes étant dcmi-
tendiies, dès qu"il y a mobilisation et engage-
ment des extrémités, activer de temps à autre
par l'emploi de Téperon, pour obtenir plus de
soutien et d'élévation dans la cadence. Si le che-
val se retient, s'il n'est pas parfaitement léger,
s'il y a un peu d'acculement, attaque simulta-
née des deux éperons pour rétablir Téquilibre
et « faire passer les forces en avant ».
Le principe « jambes sans main, main sans
jambes » doit être appliqué le plus qu'on le
peut, surtout dans les commencements; mais il
n'a rien d'absolu. Il ne faut donc pas l'ériger en
système hors duquel il n'y aurait qu'insuccès
assuré. On doit se borner à le mettre en pra-
FIXER. 191
tique tant qu'il n'y a pas de raison sérieuse de
s'en écarter, mais il vient un moment dans le
dressage et plus tard dans le maniement du
cheval dressé, où il y a lieu au contraire d'unir
Tetfet des aides inférieures à celui des aides
supérieures.
Ainsi lorsqu'un cheval déjàtrès avancé comme
préparation ne devient pas léger à une délicate
sollicitation de la main, c'est le cas d'exercer
une faible pression des jambes et d'arriver aus-
sitôt à une petite attaque des éperons, si la mâ-
choire ne se mobilise pas immédiatement. De
même, quand on veut demander i'arrét aux di-
verses allures par un simple effet de main, il
faut que le cheval soit d'abord léger. Si la mâ-
choire résiste à l'opposition du mors, fermer
les jambes délicatement et si la légèreté ne vient
pas instantanément, petite attaque des éperons
avant de demander l'arrêt.
C'est ainsi qu'on rend son cheval vraiment
fin aux aides, et qu'on arrive à le manier sans
aucun mouvement apparent de main ni de
jambe.
Mais il faut être très modéré dans l'applica-
tion de ces petites attaques d'éperon, ne s'en
iga
DRESSAGE METHODIQUE.
servir qu'avec beaucoup de délicatesse et d'à-
propos, et y renoncer sans hésitation si elles
provoquent des fouaillements de queue.
CONCLUSION
25
CONCLUSION
m ^^Êâj^^
'auteur- a voulu exposer dans
cette Etude tous les procédés de
dressage employés par Baucher
sur la fin de sa vie.
Il a supposé un animal absolument rétif,
dangereux même dans le travail à pied, et il a
donné les moyens de pousser son éducation
jusqu'à une sorte de perfection idéale que seuls
ont atteinte, à sa connaissance, les chevaux de
ce maître et ceux du général L'Hotte.
Il a donc cherché à présenter au lecteur un
ensemble dans lequel le cavalier pût trouver
la solution des divers problèmes du dressage.
Mais ce serait une erreur de croire qu'on
doive quand même passer par tous les exer-
cices détaillés dans la Progression^ et les pra-
tiquer avec le même soin, surtout si Ton a
affaire à un naturel docile et calme.
Ainsi le cavalier d'extérieur, le chasseur, par
exemple, ne fera, comme travail à pied, que
igf) CONCLUSION.
ce qui est indispensable pour obtenir Tobéis-
sance aux actions de la main et aux indications
de la cravache. Il devra élever Tencolure pour
alléger Tavant-main dès le début. Une fois à
cheval, il soignera par-dessus tout les mêmes
effets d'élévation de Tencolure et de la tète, afin
de pouvoir, dehors, au milieu d'autres che-
vaux et malgré les excitations, reporter faci-
lement le poids en arrière en élevant la main,
lorsqu'il vient trop sur le devant. Dès qu'il
aura ainsi la légèreté, il arrivera au ramener
et considérera son dressage comme suffisant
quand il se sera bien « emparé de la tête ».
S'il s'agit d'un cheval d'armes, il n'est pas
non plus absolument nécessaire de l'exercer
au rassembler, mais il importe qu'il soit rendu
très maniable. Il faudra donc, après quelques
exercices à pied ayant pour but de faciliter la
mobilisation de la masse dans tous les sens,
s'attacher, une fois en selle, à l'élévation de
l'encolure qui donne l'équilibre, et encore plus
aux tourners exécutés par l'appui des rênes
contraires. On répétera très souvent ces exer-
cices à toutes les allures, afin d'obtenir une
grande facilité de déplacement de l'avant-main
CONCLUSION. 197
autour des hanches. Ces tourners par appui de
rênes sont tout spécialement utiles au cavalier
militaire qui doit conduire son cheval avec
une seule main.
Si ranimai est destiné aux courses d'obs-
tacles, steeple-chase, ou concours hippique,
il faudra lui rendre très familier Teffet d'en-
semble sur Téperon, afin de pouvoir toujours
Tempêcher de se dérober, et d'être sûr de le
dominer dans toutes les circonstances. On
n'oubliera pas non plus qu'en course la pre-
mière condition c'est la fixité de la tête à une
position convenable, mais que tout cheval
qui bourre à la main, qui tire d'une façon
exagérée, s'épuise en elforts inutiles et perd
ainsi une partie de ses chances. On devra
donc rendre facile l'obtention d'une légèreté
relative, au moyen du reflux du poids d'avant
en arrière, et s'emparer ensuite de la tête aux
allures vives.
Si l'on veut au contraire faire de l'équitation
ralentie avec tout le développement possible
en hauteur., il faudra soigner beaucoup la
« concentration des forces », le rassembler.
Après avoir obtenu la légèreté en allégeant
CONCLUSION.
ravant-main, on arrivera au ramener outré
qui permettra de fixer la tête à une position in-
variable, malgré la recherche des allures arti-
ficielles et des mouvements les plus difficiles.
En un mot on se rappellera que, pour tout
cheval destiné spécialement à Textérieur, c'est
l'élévation de la tète et de Tencolure qu'il faut
chercher et obtenir plus particulièrement, pour
arriver ensuite à conserver le ramener même
aux allures allongées, et qu'une fois ce résultat
obtenu, le dressage est suffisant. Au contraire,
si l'on vise à Téquitation savante, il faut suivre
plus scrupuleusement la filière indiquée et s'at-
tacher à tout ce qui peut faciliter le rassembler
qui seul donne la hauteur des mouvements et
le brillant dans l'exécution.
Mais en résumé, plus le cheval sera sage et
le cavalier modeste dans ses exigences, plus on
pourra simplifier le dressage et réduire le nom-
bre des moyens employés.
TABLE DES MATIERES
Pages.
Avant-Propos v
DÉFINITIONS, BUT DU DRESSAGE, PRINCIPES
GÉNÉRAUX I
DÉFINITIONS 3
Action, page 3. — Position, 3. — Mouvement, 4. —
Equilibre, 4.
But du Dressage 5
Ce que le Cavalier doit chercher à obtenir, 5.
Principes généraux 7
I. — De la Légèreté et du Ramener 7
Ce que c'est que la légèreté, page 7. — Comment se
demande la légèreté, 9. — Des résistances de poids, 10.
— Des résistances de forces, 11. — Du demi-arrêt, 11. —
De la vibration, 12. — Ce qu'il faut entendre par « dé-
composer la force et le mouvement », i5.
II. — De l'Obéissance aux jambes et de a l'Effet
d'ensemble sur l'Eperon » 18
Comment le cheval doit répondre aux jambes, page 18.
— Ce que c'est qu'un cheval « mis à l'éperon », 20.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
m. — Du Cheval droit 23
Comment on fait refluer vers l'une ou l'autre des
épaules le poids de l'encolure, page 23. — Manière de
redresser un cheval, 24.
IV. — Des <( Descentes de main et de jambes »... 26
Amener l'animal le plus vite possible à se passer du
secours des aides, 26.
V. — Du Rassembler 28
Ce que donne le rassembler, page 28. — Comment
se demande le rassembler, 29. — A quoi sert l'effet
d'ensemble, 3o.
PROGRESSION DU DRESSAGE. . . 33
PREMIÈRE PARTIE : PRÉPARER. . . 35
Chapitre Premier : Flexions. — Travail a la cra-
vache. — Emploi de la chambrière 35
Des trois manières d'agir avec le filet ou la bride,
36. — Élever l'encolure le plus possible, Sy. — Mar-
che en avant sur la cravache, 38. — Reculer, Sg. —
« Forcer le mouvement », 3g. — Des flexions, 40. — "
Flexions préparatoires. — A. Avec les deux rênes de
bride, 41. — B. Avec les deux rênes de filet, 42. —
G. Avec une rêne de filet et celle de bride du même
côté, 42. — D. Avec les deux rênes du filet, pour obte-
nir un huitième de flexion d'encolure, 43. — E. Avec
les deux rênes de la bride, l'une d'elles étant passée
par-dessus l'encolure, 44. — Flexion directe de mâ-
choire, 45. — Flexions semi-latérales de mâchoire et
d'encolure, 46. — Revenir h la marche en avant et au
reculer, 47. — Pas de côté, 48. — Pirouettes renver-
sées, 4'). — Pirouettes ordinaires, 49. — Demander ce
premier travail à la simple indication du geste, 49. —
Rassembler. — Habituer d'abord le cheval au contact
de la chambrière, 5i. — Gomment on accoutume le
cheval au bruit du fouet ou à un objet effrayant, k se
TABLE DES M AT li: RE S.
Pages.
laisser terrer, etc., 52. — Commencements de rassem-
bler par la chambrière sur les pistes, 5'3. — Commen-
cements de rassembler par la cravache sur les pistes, 54.
— Rassembler au milieu du manège par la cham-
brière, 53. — Rassembler au milieu du manège par la
cravache, 56. — Recommandations importantes, 5<S.
Chapitre II : Equitation de fantaisie. — Allures arti-
ficielles 60
Piart'er, page 60. — Passage. Trot en arrière, 61. — Extension
complète et horizontale de chscun des membres de devant au
moyen de la cravache, 61. — Pas espagnol, 62. — Trot espa-
gnol, 63. — Trot à extension soutenue, 65.
Chapitre III : Leçon du Montoik 66
Dominer l'animal. Le récompenser dès qu'il se
montre soumis. Procéder avec une extrême gradation,
page 66.
Chapitre IV : Faire demander par un aide a cheval
LE Travail enseigné a pied. Leçon de l'éperon. . 72
Flexions, page jS. — Marcher, 7?. — Reculer. Pas de
côté. Pirouettes. Commencements de rassembler (et de
,pas espagnol), 74. — Habituer le cheval à l'éperon, 75.
— Appui des mollets, 75. — Appui des talons nus, 76.
Appui des molettes recouvertes, 7G. — Appui des épe-
rons débarrassés de toute enveloppe, 76. — En place, 77.
Marcher sur l'éperon, 77. — Appui des éperons en
marchant au pas, 78. — Passer du pas au trot sur l'épe-
ron, 79. — Appui des éperons au petit trot, 79.
DEUXIÈME PARTIE : PRÉPARER {suite}.
Recommandations générales 81
Arrêter tout désordre par l'effet d'ensemble sur l'épe-
ron, page 83. — De l'effet de la cravache, 85. — Des
fouaillements de queue, 86. — But des premiers pro-
cédés de dressage, 88. — Main sans jambes, jambes
sans main, 89.
26
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Chapitre Premier : Travail préparatoire au milieu
DU manège (JO
Manière de demander la légèreté, page 90. — Travail
en place au milieu du manège, 92.
Chapitre II : Au Pas 96
Le cheval droit, page 96. — Entretenir la légèreté en
décomposant d'abord, puis sans arrêter, 96. — De la
descente de main, 100. — Du pas au reculer, loi. —
Tourners sur de petits cercles par l'appui de la rénc du
dehors, loi . — Tourners par la rêne du dedans, io3. —
Serpentine, io3. — Changements de main de deux
pistes, io3. — Pas de côté, la tète, puis la croupe au
mur, 104. — Petits contre-changements de main de deux
pistes, 106. — Pirouettes ordinaires et renversées, 106.
— Volteset demi-voltes ordinairesetrenversées, de deux
pistes, 108. — Reculer prolongé sur les pistes, 108. —
Foule, 109. — Manière d'arriver au ramener, iio.
Chapitre III : Au petit trot 112
Répéter au petit trot tout le travail exécuté au pas,
page 112. — Partir de pied ferme au petit trot. Arrêter
en marchant au trot, 11 3. — Passer du petit trot au re-
culer, ii5. — Foule en arrière, ii5. — Comment on
doit élever l'encolure, 116. — On arrive ensuite au ra-
mener, 117. — Des effets diagonaux, 1 19.
Chapitre IV : Du Rassembler 120
Manière de demander le rassembler, page 121.
TROISIÈME PARTIE : ASSEMBLER. . . i23
Chapitre Premier : Départs et Travail au galop.. i25
Des principales manières de demander le galop,
page 125. — Départs à faux, 128. — Moyen de redres-
ser un cheval, 129. — ^ Descentes de main, i3o. — Re-
culer, i3o. — Petits cercles, i3i. — Galop de deux
TABLE DES MATIERES. 2o3
Pages.
pistes, i3i. — Changement de main diagonal, i33. —
Demi-voltes de deux pistes au galop, i3^. — Pirouettes
au galop, i35. — Volte au galop, i36. — Départ au ga-
lop par la main, sans jambes, i36. — Galop de deux
pistes, sans jambes, i3g. — Départs au galop par les
jambes seules, 141 . • — Départs au galop par la rêne et
la jambe du côté opposé au pied demandé, sans traverser
le cheval, 143.
Chapitre II : Du Grand trot 147
Travail au grand trot, page 147. — Descentes de
main, 149.
Chapitre III : Des Changements de pied au galop, i 5o
Manière d'arriver dans les commencements au change-
ment de pied, page i5o. — Changement de pied par
la rêne et la jambe du côté du pied demandé, i5i. —
Changement de pied sans le secours des jambes, i52.
— Changements de pied demandés par les jambes
seules, i56. — Changements de pied répétés, 157. —
Changements de pied par les aides opposées au pied
demandé, le cheval restant droit d'épaules et de han-
ches, 160. — Foule au galop, 161.
Chapitre IV : Du Galop allongé 162
Augmenter de plus en plus la vitesse du galop,
page 162. — Exercer le cheval à s'arrêter en marchant
à un galop rapide, 162.
Chapitre V : Des Sauts d'obstacles 164
Quand on doit commencer les sauts d'obstacles,
page 164.
Chapitre VI : Habituer le cheval aux Bruits de
guerre, et aux Objets effrayants 166
Progression à suivre pour familiariser le cheval avec
tout ce qui l'etîraie, P^ge it)6.
204 TABLE DES MATIERES.
Pages .
Chapitre VII : Equitation de fantaisie. — Allures arti-
ficielles i68
Des deux manières de faire agir les jambes, page i68. — Com-
ment on arrive au piaffer, 169. — Du piaffer en avançant ou
passage, 172. — Du trot en arrière, 172. — Du passage de deux
pistes, 172.
Chapitre VIII : Equitation de fantaisie. — Allures arti-
ficielles (suite) 173
Extension des membres antérieurs, page 173. — Du pas espa-
gnol, 174. — Du trot espagnol, 174. — Du trot à extension sou-
tenue, 17(3.
QUATRIÈME PARTIE : FIXER. ... 179
Chapitre Premier : Du Ramener outré , 181
La légèreté s'obtenant bien avec la tête très élevée,
arriver au ramener outré, page 181.
Chapitre II : Des Petites attaques 188
Manière de confirmer le cheval dans sa parfaite obéis-
sance aux aides, page 188. — Des petites attaques
de l'éperon, 189.
CONCLUSION
V
^À